Au cours de la 3ème Conférence hebdomadaire de l’ECIDé sur la guerre dans la partie Est de notre pays, nous avons présenté l’aperçu historiques de plusieurs agressions dont la RDC est continuellement victime de la part du Rwanda depuis 1996 à ce jour.
L’agression actuelle du Rwanda contre la RDC peut être considérée comme la 5ème guerre. La 1ère guerre débute en octobre 1996 sous l’AFDL (Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo) jusqu’à la prise de pouvoir à Kinshasa par Laurent Désiré Kabila le 17 mai 1997. Le général rwandais James Kabarebe devient chef d’état-major général des FARDC jusqu’au jour où LD Kabila trouve insupportable la présence des militaires rwandais et ougandais à Kinshasa. La 2ème guerre commence le 02 aout 1998 suite à l’opposition du Rwanda et de l’Ouganda contre la décision de LD Kabila de renvoyer les militaires rwandais et ougandais dans leurs pays d’origine. D’où la division du pays sous le contrôle de plusieurs rebellions orchestrées par le Rwanda et l’Ouganda (RCD-Goma, MLC, RDC-KML, RCD-N,) jusqu’ à la signature de l’accord global et inclusif de Sun City le 03 avril 2003 suivi de la mise en place d’un gouvernement de transition sous la formule 1+4. La 3ème guerre commence par la prise de la ville de Bukavu le 02 juin 2004 par une coalition des forces conduites par des officiers issus du RCD-Goma réfractaires à l’intégration au sein des FARDC dont Mr.
Laurent KUNDABATWARE (figure de proue du CNDP) et Jules MUTEBUTSI avec l’appui logistique et humain du Rwanda. Au cours de cette phase, le Rwanda privilégie une « stratégie d’occupation militaire intensive » légalisée par deux accords, à savoir : – L’accord de « mixage » conclu en décembre 2006 à Kigali entre le général John Numbi et Laurent Nkunda représentant respectivement l’Etat congolais et la rébellion du CNDP sous la facilitation du Rwanda. Sous cet accord, les unités du CNDP (estimées à 7221 éléments) sont « intégrées » dans l’armée congolaise et obtiennent la garantie d’après laquelle elles ne devraient pas être déployées dans aucune autre province de la RDC en-dehors du Nord-Kivu et Sud-Kivu ; – L’accord du 23 mars 2009 conclu à Goma entre le Gouvernement de la RDC et le CNDP représenté respectivement par Mr Raymond Tshibanda (Ministre de la coopération internationale) et Désiré Kamanzi, président du CNDP.
L’article12 alinéa7 de cet accord dispose : « (…) Les parties conviennent de la reconnaissance formelle des grades des ex-éléments CNDP aussi bien dans la PNC que dans les FARDC. (…) » Ainsi le CNDP a présenté les noms de 6263 éléments à intégrer dans les FARDC et 1885 éléments pour la PNC avec la même garantie qu’ils ne seraient pas transférés en-dehors du Nord-Kivu et Sud-Kivu. En même temps, à la suite de la prise du camp militaire de Rumangabo en date du 26 octobre 2008 par le CNDP en coalition avec les militaires rwandais et la menace de la prise de la ville de Goma, le Rwanda obtient de la RDC une autorisation controversée d’intervenir militairement sur le sol congolais dans le cadre d’une opération « conjointe » dénommée « Umoja Wetu ». La 4ème guerre commence le 1er avril 2012 avec les défections au Sud-Kivu et Nord-Kivu de certains officiers ex-CNDP jusqu’à la déclaration de Nairobi du 12 décembre 2013 mettant fin aux pourparlers de Kampala. En date du 06 mai 2012, le groupe des mutins émet une déclaration annonçant la création du M23 dont l’objectif serait la mise en œuvre de l’accord du 23 mars 2009. La prise de la ville de Goma en date du 20 novembre 2012 grâce au renfort crucial venu du Rwanda, y compris en armes et munitions (voir rapport des Experts des Nations Unies), a suscité une forte pression internationale sur Kigali.
Curieusement, à l’issue de la rencontre de Kampala entre le trio Kabila-Museveni-Kagamé en date du 21 novembre 2012, le communiqué conjoint de cette rencontre a exigé à Kinshasa de négocier directement avec le M23 et de s’engager à « examiner, sans tarder, les causes du mécontentement et d’y répondre dans la mesure du possible ». Ce communiqué n’a fait aucune mention de l’agression rwandaise. En dépit de la conclusion présentée en date du 06 février 2013 par le facilitateur du Dialogue de Kampala, Mr KIYONGA Crispus, Ministre Ougandais de la Défense, selon laquelle c’est le M23 qui n’avait pas respecté l’accord en reprenant les armes en violation de l’article 1.1.c dudit accord tandis que le gouvernement de la RDC avait concédé aux éléments de l’ex-CNDP bien au-delà de prévisions de l’accord, le M23 et ses parrains ont poursuivi la guerre d’agression contre la RDC. C’est grâce aux renforts des contingents sud-africains et tanzaniens dans le cadre de la « brigade d’intervention spéciale » de la MONUSCO que les FARDC vont lancer l’assaut final contre les troupes du M23 et alliés en récupérant les collines de Tshanzu au triangle faisant frontière entre la RDC, le Rwanda et l’Ouganda en date du 05 décembre 2013.
Les mutins ont trouvé refuge en Ouganda et au Rwanda. La 5ème guerre commence le 8 novembre 2021 jusqu’à nos jours. Au moins sept incursions ont été enregistrées dans les territoires de Rutshuru et Nyiragongo. En plus de plusieurs témoignages des populations locales dénonçant la présence de l’armée rwandaise sur les lignes de front, les FARDC ont intercepté des équipements appartenant à l’armée rwandaise et annoncé la capture d’au moins quatre militaires rwandais. A la base des revendications actuelles se trouverait une feuille de route élaborée lors de la rencontre du 28 octobre 2019 à Kigali entre une délégation de la Présidence de la RDC et les leaders de l’ex-M23 sur invitation de la République du Rwanda, à titre de facilitateur.
Les points essentiels contenus dans cette feuille de route porteraient sur l’amnistie, ainsi que l’intégration militaire et politique des membres de l’ex-M23 consécutivement aux pourparlers qui avaient eu lieu à Kigali les 11 et 12 juillet 2019 (voire lettre N° 798/PR/CE-MNS/CDO/Srt/2019 du 20/11/2014 du Coordonnateur du Mécanisme National de suivi de l’Accord-cadre d’Addis-abeba adressée à l’Auditeur Général des FARDC).
En claire, par cette feuille de route, le pouvoir de Mr Félix Tshisekedi s’est inscrit dans la continuité de l’approche d’asservissement de la RDC à la stratégie rwandaise d’occupation militaire intensive du Kivu et de l’Ituri. Seule une résistance populaire sur pied de l’article 63 de la Constitution nous libérera de ces agressions répétitives du Rwanda avec ses poulains internes !













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