La disparition de Blaise Bulabula, un sujet congolais, accusé de viol, n’a pas laissé indifférent son avocat conseil. Ayant constaté que son client était devenu introuvable, très inquiet et énervé, l’avocat de la victime Blaise Bulabula a organisé un point de presse pour clarifier la situation. Il a fustigé le comportement des magistrats congolais.
Devant les journalistes, l’avocat n’a pas mâché des mots. Il a indiqué que la Justice congolaise est une justice détruite, corrompue, une justice à double vitesse où seuls les justiciables qui sont forts financièrement obtiennent gain de cause et les pauvres n’ont pas droit à une justice équitable. L’avocat dit ne pas comprendre qu’un justiciable qui vit en insécurité, victime des menaces, vienne déposer une plainte au parquet en vue d’obtenir justice, aucune réponse ne soit réservée à son action et la même justice se tourne contre lui. Il dénonce en outre des plaintes montées de toute pièce, initiées devant la justice pour nuire systématiquement à la vie de son client, un innocent.
Une justice qui n’accorde aucune attention aux cris des pauvres. Et saisi des faits, une justice corrompue. La justice congolaise est appelée à travailler en toute indépendance et partialité. Elle doit condamner le coupable lorsqu’il est établi qu’il est effectivement auteur des faits infractionnels. Par ailleurs, elle est appelée à libérer et protéger tout justiciable qui est innocent. Ce n’est qu’à ce prix que la RDC sera appelée un État de droit. Selon certaines personnes qui avaient l’habitude de le côtoyer, c’est certainement au sujet de la succession d’événements malheureux rencontrés, notamment l’avis de recherche lancé contre lui, balancé d’ailleurs dans les réseaux sociaux, des plaintes, des enlèvements arbitraires ainsi que des poursuites et menaces physiques et morales dont il a été victime, que Blaise Bulabula était devenu introuvable.
La genèse de l’affaire Bulabula
Natif du village Mayoko Sakasaka, dans la province du Kwilu, Blaise Bulabula a grandi à la mission de Mokala où il a fait ses études humanitaires. Il termine ses études humanitaires, sanctionnées par l’obtention d’un BAC. Il quitte le village en 2009 pour se rendre à Kinshasa afin d’embrasser les études universitaires avec le désir d’asseoir la culture kinoise. C’est en 2015, qu’il va terminer avec succès ses études universitaires. Après avoir terminé ses études universitaires, sur place à Kinshasa, le jeune homme Blaise Bulabula, animé d’un courage extraordinaire, intègre très vite la société kinoise et se lance dans le business. Il va s’octroyer plusieurs machines de pari foot et deviendra le manager de ces activités qui vont lui générer énormément de bénéfices. Chose qui va financièrement stabiliser sa vie. En août 2021, il reçoit un coup de fil téléphonique familial qui l’invite à retourner au village. Lorsqu’il y arrive, on lui propose l’intronisation en qualité de chef coutumier. Il convient de signaler ici que la coutume ancestrale précisément dans la lignée de sa mère tout comme de son père, on leur reconnaît le trône ancestral. Ainsi, il sera convié à succéder au chef coutumier issu de la lignée de son père qui venait de décéder. Étant l’unique garçon dans toutes les deux lignées, Blaise Bulabula, est obligé de prendre la relève, c’est-à-dire assurer la continuité du pouvoir en devenant chef coutumier du village Mayoko Sakasaka. Comme il avait déjà intériorisé les mentalités kinoises, Blaise Bulabula n’accepte pas la proposition du conseil familial pour devenir chef coutumier. Il pose préalablement la question de savoir quelles sont les conditions prévues pour accéder au trône ancestral c’est-à-dire au pouvoir coutumier.
Face à cela, Blaise Bulabula était dans l’embarras du choix. Est-ce qu’il faut accepter d’être intronisé chef coutumier dans la lignée de son père ou de sa mère ? Cette épineuse question va lui traverser la tête ne sachant pas sur quelle lignée il devait porter son choix. Issu de la tribu » Yanzi » ou les deux villages observent les mêmes pratiques qui consistent à se marier selon la procédure appelée « kinsudi » qui oblige le garçon de la lignée de prendre en mariage sa propre cousine afin de fonder leur foyer selon l’observance stricte des prescrits de la coutume. Examinant tous ces paramètres et de l’autre côté sachant qu’il est un fervent chrétien, il réalise que les pratiques coutumières qui consistent à prendre pour épouse sa propre cousine ainsi les propositions d’accéder au trône ancestral, sont à l’encontre des valeurs morales et chrétiennes qu’il a apprises. Ainsi, il va purement et simplement décliner l’offre. Car, une autre raison avancée est que quel que soit le choix qu’il va opérer, les deux familles ou les deux villages pourraient toujours se disputer et être en conflit.
Son refus d’être intronisé chef coutumier, va entraîner une bagarre généralisée entre les deux lignées précitées. Car, le conflit a quitté le niveau familial pour devenir un conflit au niveau de deux villages. A la suite des échauffourées entre les membres du village de son père contre ceux de sa mère, le bilan établi avait fait état de 20 personnes mortes, 55 grièvement blessées et plusieurs maisons incendiées. Remontant la genèse de ce conflit, les jeunes de ces deux villages qui ont fumé le calumet de la paix, se sont mis autour d’une même table pour connaître quelle était la cause réelle du différend qui les déchirent. Selon les informations reçues, ces jeunes gens vont conclure que c’est Blaise Bulabula qui était à la base de ces échauffourées ayant déchiré les deux villages et causé de nombreux cas de décès ainsi que des dégâts matériels. Ainsi, les jeunes gens de ces villages, vont entamer des poursuites contre sa personne voulant à tout prix l’éliminer physiquement. Ayant réussi à se sauver de justesse, il va s’abriter au niveau du secteur de Dwe.
Comme le secteur était le théâtre des affrontements entre les deux villages, la population va rapporter les informations au niveau de la ville de Bulungu. C’est ainsi que les agents de l’ordre viendront pour maîtriser la situation. Malheureusement, les agents de l’ordre informés de la situation qui prévalait dans les deux villages, vont très mal appréhender les faits et vont se saisir de Blaise Bulabula et le déférer devant le Parquet de Bulungu. Après avoir été entendu par le magistrat instructeur relatant les faits, ce magistrat va le déclarer innocent au sujet des faits qu’on l’a attribués en étant l’auteur échauffourées survenues dans les villages précités et va le relaxer. Se sentant totalement en insécurité au village, il décide de se rendre à Kinshasa. Malheureusement, l’affaire ne sera pas close. A Kinshasa également il sera victime de menaces dans le chef des ressortissants du village de son père et de sa mère vivant dans la capitale, cherchant à l’éliminer physiquement. Car, ces derniers étaient également au courant de la situation. Dans l’entre-temps, quelques membres de la famille de sa mère entre autres le député honoraire Jacques Sima, l’actuel Chef coutumier du village, monsieur Dias Diankudi, José Mayele, major à la Police nationale ville province de Kinshasa, vont également commencer à le menacer. Il sera alors victime de 3 enlèvements.
Pour ce faire, il déposera une plainte à la police criminelle suite aux enlèvements dont il a été victime, mais sans succès. Sentant venir le danger, il se présente au Parquet de Grande instance de Kinshasa Kalamu en vue de chercher la protection étant donné qu’il vivait en insécurité, hélas il n’obtiendra aucune suite favorable. Il prend la décision d’aller se réfugier à Matadi dans la province du Kongo Central, cependant, il se sent toujours en insécurité. Il retourne à Kinshasa et sera surpris de recevoir un mandat de comparution lui décerné par Parquet de Grande instance de Kalamu qui renseigne qu’il est auteur de viol. Comme il ne pouvait pas s’y rendre seul, Blaise Bulabula en informe à son avocat et les deux se présentent devant le magistrat instructeur au Parquet de Kalamu pour en savoir plus. Devant le magistrat, ils ont voulu connaître le plaignant c’est à quelle était la personne qui accuse Blaise Bulabula d’être auteur de viol et sur qui il en a abusé et même temps, ils ont exigé la confrontation avec le plaignant. Devant cette insistance, le magistrat du Parquet de Kalamu va tergiverser. Et sachant qu’il n’y a pas de plaignant dans cette affaire, il va reporter le rendez-vous dans trois jours. La victime et son avocat finiront par comprendre qu’il n’y avait pas de plaignant sur l’affaire de viol montée de toute pièce.
Par contre, ce sont les mêmes personnes qui les poursuivent dans l’affaire familiale qui sont à la base de ce dossier de viol. Contre toute attente, ils seront surpris de constater un avis de recherche lancé contre Blaise Bulabula, un document devenu viral dans les réseaux sociaux. Il faut signaler que juste après le lancement de l’avis de recherche contre lui, Blaise Bulabula était devenu introuvable. Personne ne pouvait avoir de ses nouvelles, même pas son avocat. La justice congolaise est appelée à travailler en toute indépendance et partialité. Elle doit condamner le coupable lorsqu’il est établi qu’il est effectivement auteur des faits infractionnels. Par ailleurs, elle est appelée à libérer et protéger tout justiciable qui est innocent. Ce n’est qu’à ce prix que la RDC sera appelée un État de droit. Selon certaines personnes qui avaient l’habitude de le côtoyer, c’est certainement au sujet de la succession d’événements malheureux rencontrés, notamment l’avis de recherche lancé contre lui, balancé d’ailleurs dans les réseaux sociaux, des plaintes, des enlèvements arbitraires ainsi que des poursuites et menaces physiques et morales dont il a été victime, que Blaise Bulabula était devenu introuvable.
Au regard des informations recueillies, des faits et des investigations menées, visiblement, le dossier de Blaise Bulabula était une affaire montée de pièces. Pour l’instant, le souci de ses proches est de découvrir exactement où est-ce qu’il se trouve. Son avocat avait d’ailleurs visité les cachots, des services de renseignements et tous les lieux de détention, afin de le retrouver. Malheureusement, il ne l’a pas retrouvé. Il convient de souligner que pour avoir plus des détails tels présenter ci-haut sur cette affaire, votre rédaction avait pris le soin de contacter Bertin Mumbala, notable du secteur de Dwe, qui lui a donné des précisions notamment sur le nombre des personnes décédées dans les villages faisant l’objet du conflit, de personnes grièvement blessées ainsi que des maisons incendiées.


Rachel Tshiabu













