Les syndicalistes, la société civile et le gouvernement ont été mis au parfum de la restitution sur l’étude des institutions financières internationales qui interviennent en RDC.

C’était au cours d’un atelier de validation sur l’étude des conditionnalités des institutions financières internationales. Atelier organisé le lundi 21 avril dernier par l’intersyndicale nationale du Congo en partenariat avec la plateforme française de Dette et Développement, à l’hôtel le Relax, dans le commune de la Gombe à Kinshasa.
Au cours de cette étude, les participants ont été renseignés sur le fonctionnement des institutions financières internationales (IFI) en République Démocratique du Congo. Parmi ces institutions, il a été ciblé la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et la Banque africaine de développement.
Il a été constaté que ces institutions fonctionnent d’une manière coopérative et collaborative et octroient des prêts d’une manière complémentaire. Et surtout la banque mondiale et le Fonds monétaire international qui sont les institutions de breton wood, ont été créées d’une manière complémentaire du fait que la banque mondiale finance le développement des infrastructures à long terme, tandis que la mission assignée au fonds monétaire international consiste à la stabilisation de la situation économique et financière du pays. La Banque Africaine de développement finance également le développement des différents pays. Cependant, en RDC, elle finance les infrastructures de base et intervient dans plusieurs autres secteurs économiques de la vie nationale.
Motivations de la tenue de cet atelier
A en croire l’expert Phanouel Kangufa Bagaya, expert en économie et orateur de l’activité, cet atelier a été organisé et motivé par l’intersyndicale nationale du Congo qui tenait mordicus à avoir des connaissances approfondies sur le fonctionnement des institutions financières internationales. Car, dans le processus d’endettement de la République Démocratique du Congo, la société civile, et les syndicats devaient aussi être associés pour faciliter l’utilisation de la dette pour être en cohérence avec les objectifs de développement du pays.
Dans le cadre de cette étude, il a été également abordé la question de la cohérence entre la dette et les objectifs de développement du pays. En outre, il a été constaté que presque 47 pourcent de l’endettement du pays fin 2023 étaient utilisés pour les objectifs liés au plan national de développement et au programme d’actions du gouvernement pour la période allant de 2019 à 2023. Assi aux objectifs de développement durable mais aussi au programme de développement local des 145 territoires.
Plaidoyers
Au terme de plaidoyer de cet atelier de renforcement des capacités, les syndicalistes, la société civile et le gouvernement sont appelés à mener de plaidoyers auprès de ces institutions financières internationales pour que les conditionnalités soient flexibles en termes de cible. Selon l’expert Phanouel Kangufa Bagaya, il s’agit ici des cibles macro-économiques qu’ils visent et de certains indicateurs clés mais aussi des réformes prônées. Car, certaines réformes qu’ils sont en train de prôner, ne sont pas compatibles avec les réalités rencontrées en RDC. Il a souligné que ces réformes prônées doivent correspondre aux réalités locales pour permettre que l’endettement soit utilisé efficacement pour le bien-être et le développement de la population.
Il a fait remarquer que dans le plaidoyer, il faut que les inégalités entre les différentes couches de la société puissent être réduites pour éviter que les riches deviennent beaucoup plus riches et les pauvres davantage plus pauvres.
A lui d’insister sur le fait que cet endettement doit être effectué ou utilisé afin que le plus pauvre soit le moins malheureux possible.
Recommandations
Il convient de noter que cet atelier a accouché de plusieurs recommandations.
Il a été notamment recommandé que la dette soit véritablement utilisée pour l’objectif pour lequel elle a été octroyée. Que le projet à financer puisse correspondre au besoin réel de la population qui en est bénéficiaire. L’expert Phanouel Kangufa fait comprendre qu’il ne faut pas imposer le projet calqué sur des besoins d’autres pays. Il faut impérativement que ce projet intéressant soit issu de la base et qui corresponde au besoin réel de la population congolaise qui en est bénéficiaire.
Il ne faut pas qu’il y ait certaines conditions pour lesquelles, le pays ne sera pas capable à réaliser. Ces conditionnalités doivent être portables à toute la population.
”Méme si le niveau d’endettement de la RDC est faible du fait de ne pas figurer parmi les 40 pays les plus endetter, mais le niveau d’endettement de la RDC, augmente chaque année et de manière significative.
Il faut veiller que notre endettement soit responsable c’est à dire on doit s’endetter en connaissance de cause et être en mesure de rembourser chaque dette à l’échéance convenue”, a-t-il indiqué.
Interventions du FMI en RDC.
Les interventions du fonds monétaire international en RDC se résument à travers :
-Des prêts à court terme et assistance technique. Il intervient à travers des prêts d’urgence notamment en cas de crises économiques et des programmes d’ajustements structurels.
L’étude sur les conditionnalités en RDC met en lumière un ensemble d’opportunités et des défis pour le pays dans ses relations avec ses institutions. Alors que les prêts accordés par les institutions financières internationales ont permis de soutenir des projets de développement essentiels et d’aider à faire face à des crises économiques, les conditionnalités attachés à ces financements peuvent parfois s’avérer contraignantes, voire contre-productives , si elles ne sont pas adaptées aux réalités sociaux économiques et politiques du pays.
En sommes, les conditionnalités des institutions financières internationales en RDC bien qu’elles visent à améliorer la gouvernance, la stabilité économique et le développement durable, nécessitent une approche plus adaptée et souple face aux défis uniquement du pays. Si elles sont bien conçue et bien mises en œuvre de manière inclusive. Ces conditionnalités sont inclusives, ces conditionnalités peuvent aider la RDC à surmonter les défis économiques tout en favorisant une croissance inclusive et un développement durable.
Nico Kassanda













