Dans un contexte politique de plus en plus tendu en RDC, Augustin Kabuya, Secrétaire Général de l’UDPS, a récemment fait une déclaration choc : « Même le Rwanda est derrière le désordre que l’on observe dans le parti UDPS ». Cette phrase, lourde de sens, soulève des interrogations sur la dynamique interne du parti au pouvoir et sur les véritables motivations de ses dirigeants.
La déclaration de SG Augustin Kabuya met en lumière une crise de confiance et une désillusion au sein de l’UDPS, le parti fondé par l’illustre Étienne Tshisekedi. Alors que le président Félix Tshisekedi prône un changement constitutionnel, les frictions internes et les accusations d’ingérence étrangère révèlent un décalage alarmant entre les ambitions politiques et la réalité du terrain.
Cette situation renvoie à une perception d’instabilité qui pourrait nuire à la gouvernance et à l’image du parti. Augustin Kabuya semble avoir recours à une stratégie de démagogie pour justifier les difficultés rencontrées par le parti. Accuser un pays voisin comme le Rwanda de manipuler les affaires internes de l’UDPS peut sembler être une tentative de détourner l’attention des vrais problèmes.
Ce type de rhétorique est souvent utilisé dans des contextes politiques tendus pour galvaniser les troupes, mais il risque également d’alimenter des tensions déjà existantes dans un pays fragile. Ce qui est préoccupant, c’est que cette déclaration et les tensions internes au sein de l’UDPS traduisent un fossé de plus en plus grand entre les dirigeants et la population.
Les Congolais aspirent à des changements tangibles dans leur quotidien : sécurité, développement économique, et justice sociale. Les ambitions de changement constitutionnel, si elles sont perçues comme une manœuvre pour assurer des intérêts partisans, pourraient être reçues avec méfiance et rejet par le plus grand nombre.
La déclaration d’Augustin Kabuya est révélatrice d’un moment charnière pour l’UDPS et la RDC dans son ensemble. Elle souligne non seulement les défis internes que le parti doit surmonter, mais aussi la nécessité d’un dialogue sincère et constructif avec la population. Le succès de toute ambition politique dépendra de la capacité des dirigeants à écouter et à répondre aux véritables besoins de leurs concitoyens, plutôt que de s’enliser dans des querelles internes ou des accusations infondées.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













