Il est fascinant de constater à quel point l’histoire est souvent réécrite à la lumière des événements contemporains, et comment certains acteurs, dans leur quête de pouvoir et de contrôle, semblent ignorer les leçons du passé. Le communiqué de la Coordination de l’AFC-RDF-M23 est un exemple frappant de cette tendance à piétiner la souveraineté de la RDC.
Et cela au nom d’une prétendue sécurité d’une minorité. Il est difficile de ne pas se demander comment la communauté internationale, qui se targue d’être le gardien des droits de l’homme et de la souveraineté nationale, peut rester silencieuse face à une telle provocation. Peut-on réellement imaginer un scénario où une nation, sur un coup de tête, déciderait d’implanter des populations étrangères sur le sol d’un autre pays ?
Et ce, sans consulter ni respecter les autorités locales ? Cela rappelle des épisodes sombres de l’histoire, où des puissances coloniales ont tracé des frontières arbitraires, ignorant les réalités humaines et culturelles. L’exemple des frontières en Afrique est particulièrement pertinent ici. La partition du continent a engendré des conflits qui perdurent encore aujourd’hui.
Les conflits au Rwanda et en Ouganda, qui ont déjà causé tant de souffrances, sont maintenant projetés sur le sol congolais, comme si le sang versé dans ces guerres précédentes ne suffisait pas. En appelant à l’accueil de réfugiés sans l’accord des autorités congolaises, la Coordination de l’AFC-RDF-M23 ne fait rien d’autre qu’enfoncer le clou d’une ingérence étrangère.
Tout en se drapant dans le manteau de la défense des droits d’une minorité. Ce discours, bien que savamment formulé, masque une réalité déconcertante : celle d’un pays qui, déjà affaibli par des décennies de conflits, se voit contraint d’accueillir des populations qui ne sont pas simplement des victimes, mais qui deviennent des acteurs d’une dynamique de pouvoir complexe.
Il est donc impératif de se rappeler que le respect de la souveraineté nationale ne doit pas être un concept obsolète. Les Congolais ont le droit de vivre dans un environnement pacifique, sans que des décisions soient prises à leur insu et sans leur consentement. La véritable sécurité ne peut être atteinte qu’à travers le dialogue et la coopération, et non par des annonces martiales et des provocations belliqueuses.
Cet appel à l’implantation de 300.000 étrangers sur le sol congolais est non seulement un affront à la souveraineté de la RDC, mais aussi une invitation à une escalade des tensions qui pourrait avoir des conséquences désastreuses pour toute la région. L’histoire est là pour nous rappeler que les murs que nous construisons au lieu des ponts peuvent parfois s’effondrer sur nous. Il est temps de choisir la paix ou faire la guerre.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













