Jean-Pierre Bemba, Vice-Premier ministre en charge des Transports, a accordé ce lundi une audience solennelle à la nouvelle équipe dirigeante de l’OGEFREM. L’objectif affiché, immuable dans le discours officiel : fixer le cap de la bonne gouvernance. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’un énième processus de “redressement” de cet office public stratégique, secoué par des crises récurrentes.
Le Président du Conseil d’administration, Adolphe Amisi, s’est dit “très rassuré” par l’autorité du ministre, confiant que les orientations reçues permettraient de “mettre toutes les énergies positives” au service de l’institution. Dans une déclaration teintée d’un aveu involontaire, M. Amisi a laissé filtrer l’ampleur des dysfonctionnements passés : “Malheureusement, (le vœu de bonne gouvernance) ça n’avait pas trouvé une bonne terre pour que ça pousse.
Un constat d’échec qui résume, à lui seul, le cycle infernal des redéploiements d’équipes et des promesses de renouveau. Le PCA a assuré que “le temps des incompréhensions appartient au passé” et annoncé l’ouverture d’une “nouvelle ère” d’harmonie, le tout “dans l’attente de la mise en place d’une équipe dirigeante définitive”. Une période transitoire donc, pour un redressement présenté comme définitif.
L’OGEFREM, établissement clé pour le fret multimodal et les recettes de l’État, est ainsi reparti pour un tour. L’opinion publique, à qui l’on promet régulièrement transparence et efficacité, observera si les semences de la bonne gouvernance, jetées cette fois sur une terre prétendument mieux préparée, parviendront enfin à sortir de terre – ou si elles rejoindront les nombreux projets avortés dans les placards des réformes inabouties.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













