La Caisse générale d’épargne du Congo (CADECO) incarne aujourd’hui bien plus qu’une simple institution financière. Elle est devenue l’instrument privilégié du Président Félix Tshisekedi pour contourner l’oligopole des banques commerciales privées, souvent réticentes à se plier aux directives politiques.
Avec le réseau le plus étendu du pays, la CADECO joue un rôle clé dans la collecte de l’épargne publique et l’exécution des politiques bancaires que la Banque centrale du Congo (BCC) peine à imposer aux établissements privés. Elle est une banque d’État au service de la vision présidentielle. Pourtant, malgré son importance stratégique, la CADECO est sabotée de l’intérieur, tout comme l’Inspection générale des finances (IGF) de Jules Alingete.
Ces deux institutions, qui incarnent une réforme tangible sous Félix Tshisekedi, sont paradoxalement devenues des cibles. Pourquoi ? Y a-t-il des forces occultes travaillant contre la réussite du chef de l’État ? La CADECO est plus qu’une banque. Elle est le réseau financier le plus étendu, mais sous-utilisé. Elle a le monopole territorial dans la collecte de l’épargne publique.
La CADECO dispose d’une couverture nationale inégalée, avec des succursales même dans des zones reculées comme Baraka au Sud-Kivu, où elle a été inaugurée en 2021 pour pallier le manque de structures bancaires fiables . Contrairement aux banques privées, concentrées à Kinshasa, Lubumbashi et Goma, la CADECO a une mission sociale : démocratiser l’accès à l’épargne pour les populations marginalisées.
Le Conseil des ministres l’a officiellement désignée comme organe de collecte des fonds publics, un rôle que les banques commerciales, soumises à des logiques de profit, ne peuvent assumer. C’est ce qui fait d’elle un outil clé pour la politique monétaire de la BCC. Si la Banque centrale conçoit la politique monétaire, c’est la CADECO qui l’exécute sur le terrain. Pourtant, la CADECO est la cible d’un sabotage systémique.
En effet, les banques privées, souvent contrôlées par des intérêts étrangers ou des oligarques locaux, résistent aux injonctions étatiques. La CADECO, en revanche, agit comme un relais loyal, permettant à Félix Tshisekedi d’influencer la circulation monétaire et le crédit sans dépendre des caprices du secteur privé. Les 29 millions de la dette gouvernementale étouffe sa montée en puissance.
Ironie du sort : alors que la CADECO est censée renflouer les caisses de l’État, le gouvernement lui doit 29 millions USD en dettes impayées . Cette contradiction illustre le manque de soutien interne dont souffre l’institution. Comment une banque publique peut-elle prospérer si l’État lui-même ne respecte pas ses engagements ? Elle subit des attaques politiques et une méfiance orchestrée.
D’aucuns cherchent à discréditer la CADECO par des campagnes de déstabilisation. À Goma, une tentative de reprise des activités par les terroristes du RDF/M23 (qualifiée d’”illégale et dangereuse” par la direction générale) avait pour but de semer la confusion et accroître la méfiance des déposants. La population a compris la supercherie et a continué à soutenir la DG Juliette Mbambu Mughole.
Cette défiance n’est pas un hasard : elle devrait servir les intérêts de ceux qui veulent maintenir le statu quo bancaire, dominé par des acteurs peu enclins à se soumettre à la vision de Félix Tshisekedi qui est matérialisée par Juliette Mbambu Mughole. À l’instar de Jules Alingete à l’IGF, la directrice générale de la CADECO, Juliette Mbambu Mughole, incarne une nouvelle génération de gestionnaires compétents et intègres.
Pourtant, ces figures sont systématiquement attaquées, comme si leur succès même constituait une menace. Pourquoi ? Parce qu’elles démontrent qu’une gestion rigoureuse est possible en RDC, ce qui dérange ceux qui profitent du chaos institutionnel. Une question cruciale : qui veut la mort de la CADECO ? Il y a tout d’abord les banques commerciales qui sont les gardiennes d’un système opaque.
Les banques privées, souvent liées à des réseaux miniers ou import-export, et n’ont aucun intérêt à voir la CADECO renforcer la souveraineté financière de l’État. Leur modèle repose sur la dollarisation, les frais bancaires exorbitants et le crédit court-termiste (16-21% sur 3-6 mois). Il y a aussi des cercles proches du pouvoir qui saboteraient le travail du Président Félix Tshisekedi.
Il est frappant de constater que les deux institutions qui progressent sous Félix Tshisekedi (CADECO et IGF) sont celles qui subissent le plus de résistance. Cela suggère l’existence d’une “mafia financière” au sein même de l’appareil d’État, déterminée à bloquer toute réforme qui menacerait ses privilèges. La CADECO, symbole d’une bataille pour la souveraineté économique.
La CADECO n’est pas qu’une banque : c’est un champ de bataille économique. Si Félix Tshisekedi veut vraiment repenser la politique bancaire en RDC, il doit rembourser la dette de 29 millions USD envers la CADECO. Protéger ses cadres compétents (Mbambu Mughole, Alingete) des attaques politiciennes. Imposer des réformes coercitives pour briser l’hégémonie des banques privées.
Sinon, la CADECO rejoindra la longue liste des institutions sacrifiées sur l’autel des intérêts occultes. Et avec elle, ce sera l’ambition d’une véritable indépendance financière de la RDC qui s’effondrera. Le choix est clair : soit la CADECO devient l’outil de la souveraineté bancaire, soit elle sera tuée par ceux qui préfèrent un Congo faible et dépendant.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













