Actuellement les actualités africaines sont dominées par la 34ème édition de la phase finale de la CAN qui se tient du 13 janvier au 11 février 2024 en Côte d’Ivoire, le pays d’Ebrunie, qui est entré dans sa deuxième journée. Des sélections réparties en 6 poules. Et déjà, de grosses surprises, avec comme seul constat : les grandes nations traditionnelles de football africain sont en danger et peinent à trouver leur marque dans une compétition qui gagne en puissance et en intensité chaque édition.
Nous assistons à l’émergence de nouvelles nations en Afrique. Et tout le monde est unanime de le reconnaître, il n’y a plus de petites nations en Afrique. Nous sommes aujourd’hui à des années-lumière du football hourra, à l’époque où tout le monde courait derrière un même ballon. Une donne qui a changé depuis, de suite à une bonne formation à la base et de la discipline tactique apprises dans les académies de football dès le jeune âge.
Les Africains, au contact avec le football européen ont acquis un riche bagage footballistique, et savent désormais alterner les temps forts et faibles dans une rencontre. Ils savent maintenant gérer leurs efforts surtout dans une compétition devenue très médiatisée et très longue. L’Afrique sportive est devenue pourvoyeuse des talents.
Des joueurs “formés et fabriqués” selon les normes occidentales en vue d’intégrer directement et dans un temps record les championnats occidentaux à part le phénomène du dépaysement et le froid hivernal. La Coupe d’Afrique des nations aujourd’hui est devenue une grande vitrine pour les joueurs africains et un grand marché voire une foire d’exposition.
Les connaisseurs du football sont tous actuellement en Côte d’Ivoire à travers leurs boys-scouts à la recherche d’une perle rare, à la recherche d’un nouveau Salif Keita, Roger Milla, Geoges Weah, Ndoram Japhet, Laurent Pokou, Okocha, Nwanko Kano, Samuel, Abedi Pelé etc. Les joueurs performants lors de cette CAN rejoindront à coup sûr l’un des championnats huppés en Occident, en France, Allemagne, Angleterre, Portugal, Espagne plus lucratifs.
C’est une évidence : il n’y a plus de petites nations en Afrique. Des nations qui peinaient il y a de cela 15-20 ans et qui rentraient à la maison avec zéro point après la phase du groupe seraient devenues compétitives, auraient appris à se faire respecter et à gagner. Tant mieux, une progression du football africain est une bonne chose pour l’image du continent.
Le chef de fil de cette dynamique contre le nivellement vers le bas, c’est certainement le Sénégal, qui joue aujourd’hui sans complexe dans la cour des grands et qui voudrait à tout prix réaliser un doublé. Il serait même déjà sur cette bonne dynamique. Le Sénégal a tous les atouts et les arguments pour y parvenir après avoir pu terrasser hier le Cameroun, la terreur des années passées. 5 fois champion. Un passage de témoin ?
Les Sénégalais ne baissent plus les yeux devant leurs adversaires les plus coriaces à l’époque. Mais, mon seul souhait serait celui de voir le Sénégal exister sur le plan continental à travers ses clubs comme les Djaraf du Sénégal, Us Gorée, As Police ,Fc Douanes etc. Autrement ça sera une domination sans saveur et au goût d’inachevé. Reconnu comme étant un pays de lutte traditionnelle, le Sénégal devrait obligatoirement confirmer dans la durée et surtout par ses clubs au niveau continental.
Ce que les Maghrébins ont toujours fait avec application à travers leurs championnats locaux, destinations privilégiées des joueurs subsahariens. En Égypte, Maroc ( un modèle), Tunisie, Algérie voire la Libye. Un vivier national donc, et dans une certaine mesure, les Congolais à travers leurs clubs TP Mazembe et Vita-Club ou encore le Dcmp .
Comme dans chaque révolution, les grandes nations d’antan vont céder petit à petit leur place aux nouvelles puissances continentales comme les Sénégalais, Marocains, Cap- Verdiens, Burkinabé, Maliens etc. Qui se bousculent déjà au portillon. Les places à la phase finale d’une CAN deviendront de plus en plus cher prochainement.
Ceux qui n’ont pas progressé, vont tout simplement reculer voire disparaître. C’est ça la loi de la nature. Certaines nations devront laisser la place aux autres, nous assistons donc un nivellement vers le bas depuis quelques années maintenant. Malheur donc aux vaincus !
Dary Abega / Lobjectif.net













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