La captatio benevolentiae, pratique ancestrale visant à attirer la bienveillance et la faveur d’autrui, s’avère être un outil omniprésent au sein de la classe politique congolaise. Utilisée de manière subtile ou explicite, cette stratégie de séduction des esprits est un levier essentiel pour les politiciens en quête de soutien populaire et de consolidation du pouvoir.
Explorer en profondeur l’impact de la captatio benevolentiae sur la démocratie et la gouvernance en République Démocratique du Congo est une mission intellectuellement passionnante. Les politiciens congolais ont recours à diverses stratégies de captatio benevolentiae pour asseoir leur légitimité et renforcer leur emprise sur la population.
Des discours enflammés promettant le changement et la prospérité, aux gestes de générosité ostentatoires envers les communautés défavorisées, ces tactiques visent à charmer et à séduire les électeurs en quête d’espoir et de solutions. Un exemple emblématique est celui des politiciens distribuant des vivres et des biens de première nécessité lors de campagnes électorales.
Faire des dons à une population démunie crée ainsi une dépendance et une allégeance basées sur la gratitude. De même, l’utilisation de discours populistes et de promesses grandioses sans fondement concret alimente la captatio benevolentiae et entretient un cycle de manipulation et de désillusion au sein de la cette dernière.
Cette instrumentalisation de la captatio benevolentiae menace la démocratie en érodant la confiance des citoyens dans le processus électoral et en perpétuant un système politique basé sur la séduction plutôt que sur des programmes et des actions tangibles. La gouvernance en pâtit, car les décisions politiques sont souvent motivées par la nécessité de conserver le soutien acquis par des moyens douteux.
Des experts en politique congolaise soulignent la nécessité de sensibiliser les citoyens aux techniques de captatio benevolentiae et de promouvoir une culture politique basée sur la transparence, la responsabilité et la participation citoyenne. Certains politiciens reconnaissent également les limites de cette pratique et plaident pour une approche plus authentique et axée sur les besoins réels du pays.
Repenser la place de la captatio benevolentiae dans la classe politique congolaise en favorisant un dialogue ouvert et transparent entre les dirigeants et les citoyens. Un dirigeant digne de ce nom ne se croit pas inférieur aux autres : il a déjà cessé de se croire supérieur. Il n’ignore pas pour cela ce qu’il vaut, ou peut valoir. Il refuse juste de s’en contenter.
En encourageant une culture politique fondée sur l’éthique, la responsabilité et l’intégrité, il est possible de dépasser les manipulations et les faux-semblants pour construire un système démocratique véritablement représentatif et respectueux des aspirations de la population congolaise. L’équité est l’essence même de l’homme honorable.
Il la pratique d’après les rites, la manifeste avec humilité et l’accomplit en toute sincérité. Rien ne paraît plus surprenant à ceux qui contemplent les choses humaines d’un oeil philosophique, que de voir la facilité et l’humble soumission avec lesquelles les acolytes dépourvus d’éducation et de culture sacrifient leurs sentiments et leurs penchants à ceux de leur chef.
Quelle est la cause de cette merveille ? Ce n’est pas la force. Ce ne peut donc être que l’opinion. Les sages sont ceux qui pratiquent l’humilité, la bonté et la tolérance. Surtout lorsque la tâche est extrêmement ardue dans un contexte national hostile et international défavorable. Il faudrait conserver la fermeté dans la bonté, la clairvoyance dans l’indulgence et la rigueur dans la justice.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













