L’Est de la République démocratique du Congo est un théâtre de sang et de larmes, une tragédie orchestrée par des mains invisibles mais bien identifiées. Derrière les massacres, les viols, les déplacements massifs et les pillages systématiques, se cachent des responsables qui, bien qu’habillés en costumes trois-pièces ou en uniformes militaires, ne sont que des criminels en costume.
Les États-Unis ont levé un coin du voile en sanctionnant James Kabarebe, ministre rwandais et architecte en chef de cette machine à tuer, ainsi que Lawrence Kanyuka, porte-parole du RDF/M23 et maître de la désinformation. Mais ces sanctions, aussi symboliques soient-elles, ne suffisent pas à laver le sang des milliers de Congolais sacrifiés sur l’autel de l’avidité et de la géopolitique.
James Kabarebe, ancien général des Forces de défense rwandaises (RDF) et actuel ministre à l’intégration régionale, est l’incarnation même de l’impunité. Ce nom devrait résonner comme une malédiction dans les mémoires. James Kabarebe est le cerveau derrière la création, l’armement et le soutien rwandais au RDF/M23, ce groupe armé qui a transformé l’Est de la RDC en un enfer sur terre.
Sous ses ordres, le RCD/CNDP/M23 et les RDF ont capturé Goma, Bukavu, et pillé Rubaya, l’une des plus riches zones minières au monde. James Kabarebe ne se contente pas de diriger une guerre par procuration ; il orchestre aussi le pillage systématique des ressources congolaises, transformant le sang des Congolais en or pour Kigali. Et c’est là qu’intervient Lawrence Kanyuka le marchand de mensonges.
Lawrence Kanyuka, quant à lui, est le visage “présentable” de cette barbarie. Porte-parole du RDF/M23 et de l’Alliance du fleuve Congo, il est l’artisan de la propagande qui justifie l’injustifiable. Derrière ses sociétés enregistrées au Royaume-Uni et en France, Kingston Fresh et Kingston Holding, se cache un homme qui tire profit de la mort des millions de civils et de la désolation de tout le continent africain.
Lawrence Kanyuka est le maître des mots qui tuent, celui qui transforme les bourreaux en victimes et les victimes en coupables. Pendant que James Kabarebe et Lawrence Kanyuka orchestrent leur macabre ballet, la communauté internationale regarde, hésite, et parfois détourne les yeux. Les sanctions américaines sont certes un premier pas, mais elles ne suffisent pas. Où sont les condamnations fermes ?
Où sont les actions concrètes pour stopper ce génocide à petit feu qui dure depuis trente ans? Les Nations Unies, souvent promptes à déployer des forces de maintien de la paix, semblent paralysées face à la machine de guerre rwandaise. La MONUSCO, déjà sous pression, est réduite à l’impuissance par les manœuvres du RDF et du M23. Les Congolais meurent chaque jour, non pas parce qu’ils sont faibles, mais parce qu’ils sont trahis.
Trahis par leurs voisins, trahis par la communauté internationale, et trahis par un système qui permet à des hommes comme James Kabarebe et Lawrence Kanyuka de prospérer dans l’ombre. Il est temps de nommer les coupables, de les traîner devant la justice, et de mettre fin à cette impunité qui nourrit le cycle de la violence. Il y a urgence d’agir. Il faut stopper Paul Kagame. Trop, c’est trop !
L’Est de la RDC n’a pas besoin de condoléances, il a besoin de justice. Et cette justice ne viendra que lorsque les Kabarebe et les Kanyuka de ce monde seront tenus pour responsables de leurs crimes. En attendant, chaque jour perdu est un jour de trop, chaque silence est une complicité, et chaque sanction insuffisante est une insulte à la mémoire des victimes. Assez, c’est assez.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













