Le président du Congo Prospère et Grand (CPG-RDC) porte une vision qui rejette à la fois la victimisation et la naïveté, préconisant une paix armée de pragmatisme. La jeunesse congolaise est en quête d’un nouveau langage politique, décomplexé et affranchi des vieilles doctrines. Dans ce paysage en mutation, une voix émerge, celle de Christian Mukendi, président du CPG-RDC.
Il ne propose pas un discours de consolation, mais une équation audacieuse pour la paix et le développement. Sa maxime, plus que déroutante, résume cette philosophie : “Pour faire la paix, il faut tenir le bâton de la vengeance d’une main et offrir la carotte du pardon avec l’autre main”. Une pensée qui refuse le manichéisme et qui semble trouver un écho grandissant.
Le terreau de cette pensée est celui d’une génération lasse des récits victimisants. Christian Mukendi l’a clairement exprimé dans une communication cinglante : “Arrêtons de nous plaindre. Nous ne sommes victimes ni de la communauté internationale, ni du Rwanda, et encore moins de nos richesses. Nous sommes victimes de nos mauvais choix, et de notre obstination à perpétuer les erreurs du passé”.
Ce rejet de la complainte est le premier acte de responsabilité. Il s’agit de reprendre la main sur son destin, non par un optimisme béat, mais par un réalisme froid. Cette idée est le fondement de ses interventions dans le magazine “Congolais TELEMA”, qui appelle chaque Congolais à devenir “le vecteur d’un changement positif” pour l’émergence du pays. Il s’agit d’un appel à l’action individuelle et collective.
C’est une responsabilisation qui constitue le socle de sa pensée. La phrase de Christian Mukendi n’est pas une incantation poétique, mais un cadre stratégique. Il ne s’agit pas nécessairement d’un appel à la violence, mais d’une métaphore de la fermeté, de la mémoire et de la justice. C’est la capacité à se défendre, à ne pas oublier les torts subis, et à exiger des comptes. C’est la main qui rappelle que toute agression ou injustice a un coût.
Dans le contexte congolais, c’est un rejet de l’impunité pour les prédateurs, qu’ils soient locaux ou internationaux. C’est l’offre de réconciliation, la main tendue pour reconstruire. Mais c’est un pardon conditionnel, qui n’est offert qu’à partir d’une position de force et de dignité retrouvée. Ce n’est pas l’oubli, mais la possibilité de transcender le conflit pour bâtir un avenir commun.
Cette dualité rejette à la fois la tentation d’une paix illusoire, achetée au prix de l’amnésie, et celle d’un cycle de vengeance sans fin. Elle propose une troisième voie : une paix négociée à partir d’une position de force morale et pratique. Cette philosophie ne reste pas cantonnée au domaine théorique. Elle trouve un écho direct dans la vision économique que porte Christian Mukendi. Loin des projecteurs de Kinshasa, il prône un retour stratégique dans les territoires.
Lors du forum Makutano en 2022, le jeune entrepreneur, fondateur d’Enigma Holding, a fustigé le dédain dans lequel est tenue la ruralité : “On nous a montré que nos oncles étaient sorciers et que quand tu vas au village on va te manger (tuer). Du coup, on ne voit pas notre parcours comme si quand tu rentres dans le territoire, tu es rétrogradé”. Il faut changer cet état d’esprit, cet état de choses.
Pour Christian Mukendi, le véritable développement, et donc la souveraineté réelle du pays, passe par l’investissement de la jeunesse dans les 145 territoires, lieux de richesses et d’immenses potentialités. Cette approche est l’application économique du “bâton et de la carotte” : il s’agit de reprendre possession du territoire (une forme d’affirmation de soi) pour y développer des opportunités (une forme de pardon et de reconstruction tournée vers l’avenir).
Cette pensée du Président de CPG s’accompagne également d’une remise en cause des structures de pouvoir traditionnelles. Dans un message à la jeunesse, Christian Mukendi a lancé : “Il est temps d’en finir avec les autorités morales et de servir, même au sein de nos familles politiques respectives, une seule autorité : le Congo. Ce rejet des “autorités morales” au profit d’une allégeance unique à la nation est un pavé dans la mare du paysage politique congolais.
Il incarne la quête d’une nouvelle légitimité, non plus basée sur l’âge, l’ancienneté ou les réseaux clientélistes, mais sur l’engagement et les résultats au service du pays. La force du discours de Christian Mukendi et du CPG-RDC réside dans sa capacité à synthétiser les aspirations contradictoires d’une jeunesse tiraillée entre la colère et l’espoir, la résignation et le courage, l’abandon et le sursaut.
En proposant de marcher sur le fil tendu entre la vengeance et le pardon, la fermeté et la réconciliation, il dessine les contours d’un nationalisme moderne et pragmatique. Sa philosophie est un programme complet : elle commence par un diagnostic sans concession (“nous sommes victimes de nos mauvais choix”), propose une méthode de résolution des conflits (“le bâton et la carotte”) et offre une feuille de route pour le développement (l’investissement dans les territoires).
C’est cette cohérence, aussi dérangeante soit-elle, qui fait de Christian Mukendi une figure montante et incontournable du débat sur l’avenir de la RD Congo. Le pays est à la croisée des chemins, et une nouvelle génération, armée d’idées fortes, semble décidée à en tracer un nouveau. Face à l’obstacle de la programmation d’une probable balkanisation de la RDC, on peut devenir la pierre qui s’use ou celle qui brise.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













