Christophe Baseane Nangaa, le maître des impayés : L’incarnation du paradoxe politique dans le Haut-Uélé

Dans les méandres tumultueux du pouvoir politique, émerge parfois une figure qui défie toute logique et ébranle les fondements de la gouvernance : Christophe Baseane Nangaa, Gouverneur sortant du Haut-Uélé, frère biologique du chef rebelle Corneille Nangaa Yobeluo actuel ennemi public numéro un en RDC et candidat à sa propre succession.

Son règne finissant de 5 ans à la tête de la province, marqué par une gestion financière chaotique, a plongé les fonctionnaires et même les ministres provinciaux dans une détresse financière sans précédent. Sous sa gouvernance, les paiements sont devenus des mirages lointains, avec des retards allant jusqu’à six mois, voire plus, sans aucune régularité.

L’ironie atteint des sommets paradoxaux lorsque l’on considère que Nangaa, le maître des impayés, se présente courageusement pour un deuxième mandat, cherchant le soutien de ceux-là mêmes qui réclament désespérément les salaires qu’ils n’ont jamais reçus. Cette situation ubuesque, à la limite de l’absurde, expose les fissures béantes dans le système politique local et interroge profondément sur les limites de la tolérance et de la résignation.

Le paradoxe de Christophe Baseane Nangaa Gouverneur sortant d’un côté et obligé politique de son grand-frère qui fît de lui ce qu’il est aujourd’hui, réside dans sa capacité à susciter à la fois l’indignation et le soutien, créant un tableau complexe de loyautés divisées et d’intérêts contradictoires. Son ambition démesurée se heurte à sa gestion financière calamiteuse et à son manque de bilan, révélant un mélange déroutant de défi et d’auto-sabotage.

Face à ce scénario dantesque, les citoyens du Haut-Uélé se retrouvent pris au piège d’une réalité politique déconcertante, confrontés à un choix cornélien entre la continuité d’un chaos connu en la personne de Christophe Baseane Nangaa ou l’arrivée tant attendu du futur Gouverneur le Grand Chef Constant Lungagbe Mbatanadu le bâtisseur qui incarne le changement potentiel tant cherché.

La saga de Nangaa révèle les limites de la loyauté aveugle de ses acolytes et de la complaisance « des diplômés » qui l’entourent face à l’incompétence flagrante, soulevant des questions brûlantes sur l’éthique, la responsabilité et la véritable essence du leadership politique. Le mandat finissant du Gouverneur sortant est caractérisé par le règne de l’incompétence dans toutes les sphères.

Et avec le temps, elle a produit très naturellement l’indifférence. Il n’y a si longtemps quand un enfant gémissait, c’est à lui qu’on reprochait de ne pas être un homme. Et c’est l’enfant qui avait honte. Hier la douleur prouvait la faiblesse du blessé, aujourd’hui, elle révèle l’incompétence de Christophe Baseane Nangaa qui n’a aucun bilan à présenter au peuple à qui il avait promis monts et merveilles.

Ainsi, l’épopée de Christophe Baseane Nangaa incarne un conte tragique et comique à la fois, une parabole sur les paradoxes de la gouvernance et les dilemmes moraux qui hantent l’exercice du pouvoir. Son histoire, teintée d’ironie et de désespoir, pose un miroir cruel à la province du Haut-Uélé en quête de sens et de justice, invitant à une réflexion profonde sur les limites de la tolérance et les impératifs de la responsabilité politique.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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