Dans les coulisses du pouvoir en République Démocratique du Congo, un bras de fer financier fait rage entre le ministère de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique (EPST) et l’Inspection Générale des Finances (IGF). Au cœur de cette querelle se trouve un manque flagrant de transparence concernant la gestion des fonds considérables dédiés aux examens d’État et autres dépenses liées par le ministre de l’EPST Monsieur Tony Mwaba.
Alors que l’IGF, en tant que gardien de la légalité financière, tente d’imposer des normes de clarté et d’orthodoxie dans la gestion des deniers publics, le ministère de l’EPST semble résister à toute forme de reddition de comptes. Cette attitude équivoque souligne un mépris affligeant pour l’obligation de rendre des comptes dans la sphère publique.
Les tensions ont atteint un point critique lorsque le directeur de cabinet du président, Guylain Nyembo, a proposé une solution conciliatrice, rejetée catégoriquement par le ministre de l’EPST. Ce refus obstiné d’assurer la transparence financière soulève des inquiétudes majeures quant à la gouvernance et à l’intégrité des affaires étatiques.
Ce différend entre le ministère de l’EPST et l’IGF risque de créer un précédent fâcheux, illustrant la réticence d’un ministre à se conformer aux exigences de surveillance financière établies par les organes compétents. L’urgence de clarifier la situation et d’assurer la reddition de comptes devient impérative pour maintenir la crédibilité et l’intégrité des institutions de la République Démocratique du Congo.
Le comble a été atteint lorsque le ministre de l’EPST Tony Mwaba Kazadi s’est permis une interpellation publique notamment filmée et publiée sur les réseaux sociaux de trois inspecteurs de l’IGF en mission officielle au sein de son ministère. D’après le nouveau député élu de Lukunga, sans aviser, ces trois inspecteurs auraient fait irruption à la Direction nationale de contrôle de la paie des enseignants (DINACOPE) et ravi plus de 1000$ au motif de contrôle de la gestion des fonds mis à la disposition de ce service.
C’est ce qui poussa son excellence Monsieur le ministre de l’EPST Tony Muaba à s’en prendre directement à Jules Alingete, l’Inspecteur Général des Finances-chef de service (IGF). Il a publié un long tweet dénonçant un complot contre lui, accusant l’inspecteur général des finances Monsieur Jules Alingete de politiser son poste et de saboter son image prétendant détenir des preuves d’un plan visant à le destituer au profit d’un ami de ce dernier.
Les tensions entre Tony Mwaba et Jules Alingete ne sont pas nouvelles. En août 2021, des allégations de tentative de détournement ont été formulées contre Muaba, qui a rejeté les accusations et dénoncé une opération de vengeance menée par Alingete. Cette fois-ci, Muaba avait également accusé Alingete d’être au courant d’une sombre affaire ayant échappé à son secteur, impliquant deux millions de dollars.
Pour la sérénité et la confiance du peuple congolais aux institutions républicaines, il est impératif que ce dossier soit démêlé avec célérité. Depuis l’installation de Jules Alingete comme inspecteur général des finances-chef de service, des millions de dollars du trésor public ont été protégés grâce au professionnalisme de ses services. Ce qui est un point extrêmement positif apprécié par la population habituée à constater des détournements sauvages sans que la justice s’en mêle. Le peuple congolais veut voir clair et soutient la justice à s’impliquer pour protéger les institutions publiques de certains hommes qui croient se substituer aux lois et règles établies pour tous
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













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