Le territoire de Rungu, situé dans la province du Haut-Uélé en RD Congo, est actuellement le théâtre d’un conflit foncier majeur impliquant la Chefferie Mongomasi. Au cœur de cette controverse se trouve une plantation de café détenue par Monsieur Alefe, dont le chef de la chefferie, Sa Majesté Gabriel Abongonyasi Teingu II, dénonce l’occupation jugée illégale de cette concession.
La chefferie Mongomasi, avec ses traditions et structures coutumières bien établies, s’affirme comme le gardien de la terre et des droits de ses habitants. Lors d’une interview accordée à notre Journal www.lobjectif.net , Sa Majesté Teingu II a évoqué les origines de cette occupation contestée, remontant à l’époque du regretté chef Victor Teingu I Nokondo, en 1979.
Il a précisé que M. Alefe aurait obtenu cette concession suite à l’octroi d’une boisson, sans qu’aucun document officiel ne justifie ensuite son acquisition. Sa Majesté Gabriel Abongonyasi souligne que l’absence de preuves tangibles au sujet de l’achat de la concession par M. Alefe remet en question la légitimité de son occupation. Il l’a dit en tant que gardien du pouvoir ancestral de la chefferie.
Il rappelle que la terre est sacrée et essentielle pour l’identité culturelle de son peuple. Dans ce contexte, il critique durement les méthodes de gestion de la plantation, qu’il juge inappropriées et nuisibles pour les communautés locales. Le conflit a des répercussions directes sur les populations autochtones. Le chef de la chefferie a révélé que la gestion actuelle de la plantation interdit aux habitants de puiser de l’eau.
Ce qui compromet leur accès à des ressources vitales. Ce déséquilibre crée un climat de tension et pourrait provoquer des actes de désespoir parmi la population, exacerbant ainsi le conflit. Sa Majesté Gabriel Abongonyasi a lancé un appel aux autorités provinciales, leur demandant d’intervenir pour résoudre ce conflit avant qu’il ne dégénère comme celui entre Akuwa et Sambia.
Il s’inquiète particulièrement de la possibilité que la population ne prenne les choses en main, avec les risques de violences qui en découlent. La situation nécessite une approche diplomatique et respectueuse des droits coutumiers. Le conflit foncier autour de la concession de la plantation de café de Monsieur Alefe met en lumière des enjeux cruciaux liés à la gestion des terres dans le Haut-Uélé.
Mais aussi à la reconnaissance des droits ancestraux, et à la protection des ressources naturelles. L’intervention des autorités provinciales pourrait offrir un cadre pour une résolution pacifique, respectant à la fois les traditions et les aspirations des communautés locales. Une attention particulière à ces questions est primordiale pour éviter des escalations de violence et garantir la justice pour les détenteurs de droits coutumiers.
Madeleine Kabombiandre / Lobjectif.net













