La RD Congo traverse une période tumultueuse, marquée par des défis socio-économiques et politiques majeurs. Au cœur de cette tourmente, le ministère d’État en charge de la Justice se veut un acteur clé dans la quête de l’État de droit. Cependant, en scrutant de plus près ses actions et ses priorités, on peut s’interroger sur la véritable efficacité de cette institution.
Entre folklore politique et solutions populistes, le ministre d’état Mutamba semble se perdre dans un dédale de fausses questions face à des enjeux bien plus cruciaux. Jusque-là, on a assisté à un chapelet de bonnes intentions mais aucune politique régalienne sérieuse ni une mise en place d’une politique pénale rigoureuse à la hauteur des crimes commis contre la nation congolaise.
Constant Mutamba, à travers ses interventions publiques, semble souvent privilégier des sujets qui, bien que visibles, masquent des problèmes structurels profonds. Par exemple, les récentes campagnes médiatiques de sensibilisation sur la “lutte contre les mariages homosexuels qu’il qualifie lui-même de 2 fois, 2 fois” ou le “procès contre Corneille Nangaa Yobeluo”.
Ces agissements font certes écho à des réalités préoccupantes, mais elles détournent l’attention des véritables enjeux de la justice en RDC : la corruption endémique, l’impunité des hauts fonctionnaires, et l’inefficacité du système judiciaire. En focalisant ses efforts sur des questions spectaculaires, le ministre Constant Mutamba crée un écran de fumée.
Il s’agit d’une stratégie qui semble davantage destinée à rassurer l’opinion publique qu’à apporter des solutions durables à des problèmes de justice qui gangrènent le pays. Ce faisant, il occulte les véritables attentes des congolais : un système judiciaire équitable, transparent et accessible. Lorsqu’il s’agit de proposer des solutions, Mutamba opte souvent pour des mesures populistes et à court terme.
La création de tribunaux d’exception pour traiter des affaires de corruption, par exemple, peut sembler séduisante sur le papier, mais elle ne traite pas les racines du problème. Ces initiatives, bien que médiatisées, risquent de devenir des vitrines sans réelle portée, laissant intactes les structures qui favorisent la malversation. Le ministre semble plus préoccupé par sa promotion personnelle.
De plus, la tendance à promouvoir des lois et décrets à la hâte, souvent sans consultation des acteurs de la société civile ou des experts en droit, soulève de sérieuses interrogations. Le risque est grand de voir des textes de loi inadaptés qui ne répondent pas aux besoins réels du terrain. Une telle approche ne fait qu’accentuer la méfiance des citoyens envers les institutions judiciaires, déjà fragilisées.
Le ministre d’État Mutamba a un rôle régalien essentiel. Sa mission ne se limite pas à faire des annonces spectaculaires ou à s’engager dans des luttes symboliques. Il est censé être le garant de la justice, de l’équité et de la protection des droits fondamentaux. Pourtant, en adoptant des stratégies qui répondent à des impératifs politiques qu’à des nécessités sociétales, il se coupe de sa légitimité.
Pour retrouver cette légitimité, Constant Mutamba doit réorienter ses priorités. Cela passe par une écoute active des préoccupations des citoyens, un dialogue ouvert avec la société civile et une véritable volonté de réformer le système judiciaire de manière profonde et durable. Faire de la politique judiciaire pour le nombre des “likes” sur les réseaux sociaux est irresponsable.
La lutte contre la corruption, l’amélioration de l’accès à la justice pour les plus vulnérables, et la formation continue des magistrats sont des pistes à explorer, loin des artifices du folklore politique. Constant Mutamba se trouve à un tournant crucial. Le choix entre continuer à alimenter un folklore politique superficiel ou engager une véritable transformation de la justice est désormais sur la table.
Le peuple congolais mérite un système judiciaire qui répond à ses attentes, qui protège ses droits et qui lutte sans relâche contre l’injustice. Il est temps pour le ministre d’État en charge de la justice Constant Mutamba de passer des discours populistes à l’action régalienne, en prenant en compte les véritables enjeux qui touchent la société congolaise.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













