Une maison s’est écroulée à Birere, dans le quartier Mapendo de la ville de Goma, au Nord-Kivu. Ce drame, qui a causé des pertes humaines et des blessures, met une fois de plus en lumière les défis majeurs auxquels fait face le secteur de la construction en République Démocratique du Congo.
Bien que la RDC regorge de ressources naturelles et d’un potentiel de développement significatif, la qualité des constructions reste souvent déplorable, soulevant des questions critiques sur la régulation, la formation des artisans et l’urbanisme. La RDC souffre d’un manque de régulation stricte en matière de construction. Les normes de construction, lorsqu’elles existent, sont souvent ignorées.
Les entrepreneurs, parfois peu scrupuleux, privilégient la rapidité et le profit au détriment de la sécurité. Ainsi, les matériaux utilisés sont souvent de qualité inférieure, et les plans de construction ne sont pas toujours respectés. Le cas de la maison de Birere n’est pas un incident isolé, mais plutôt le symbole d’un système qui échoue à protéger ses citoyens.
La formation des artisans et des ouvriers du bâtiment est également un aspect crucial. En République Démocratique du Congo, les compétences techniques sont souvent acquises sur le tas, sans formation formelle. Ce manque de qualification se traduit par des erreurs de construction qui peuvent avoir des conséquences dramatiques.
Les écoles de formation professionnelle peinent à répondre aux besoins croissants du secteur, laissant un vide que les initiatives informelles peinent à combler. Le développement urbain à Goma et dans d’autres villes de la RDC est souvent chaotique. L’urbanisation rapide, couplée à l’absence de planification urbaine, a conduit à des constructions anarchiques.
Dans le quartier Mapendo, par exemple, l’absence d’infrastructures adéquates et de services de base complique la situation. La gestion des espaces urbains doit être repensée pour permettre une croissance durable et sécurisée. Il est urgent que les autorités congolaises prennent conscience de la gravité de la situation.
La mise en place de normes de construction rigoureuses, l’encouragement de la formation professionnelle et la planification urbaine doivent devenir des priorités. Les ONG et la communauté internationale peuvent également jouer un rôle essentiel en apportant expertise et ressources. La tragédie de Birere est un rappel brutal que le secteur de la construction en RDC nécessite une réforme profonde.
Au lieu de se contenter de l’urgence des réparations, il est temps d’adopter une approche proactive pour garantir la sécurité des citoyens. Les leçons du passé doivent guider les actions de demain, afin d’éviter que d’autres vies ne soient perdues à cause d’un système défaillant. La RDC a le potentiel de bâtir des infrastructures solides et durables, mais cela nécessite un engagement collectif et une volonté de changement.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













