Le gouvernement congolais a récemment annoncé son intention de faire appel à l’aide de l’Angola pour faciliter le déploiement des kits électoraux à la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI). Cette décision a suscité des interrogations quant à la cohérence du discours nationaliste du camp présidentiel, qui a fortement critiqué les “candidats des étrangers” pendant la campagne électorale en cours. Certains analystes estiment que cette demande d’aide étrangère remet en question la souveraineté du pays.
Incohérence et atteinte à la souveraineté
La contradiction apparente réside dans le fait que le gouvernement congolais a vivement critiqué les “candidats des étrangers” tout au long de la campagne électorale, mais se tourne maintenant vers ces mêmes étrangers pour obtenir une assistance logistique cruciale pour les élections. Cela a suscité des interrogations dans certains milieux politiques quant à l’impact de cette décision sur la souveraineté du pays.
Certains analystes estiment qu’il est inconcevable de mener des élections avec l’aide étrangère après avoir insisté sur l’importance de ne rien demander aux étrangers au nom du nationalisme congolais. Ils remettent en question la cohérence du discours officiel et soulignent que cela pourrait être perçu comme une atteinte à la souveraineté du pays.
Reconsidérer l’approche
Une alternative suggérée serait que le gouvernement congolais utilise les avions des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) pour venir en aide à la CENI. Cela permettrait de garantir une plus grande autonomie dans les opérations électorales et de réduire la dépendance à l’égard de l’aide étrangère. Il est largement reconnu que le pays ne dispose pas d’avions civils pour compenser les insuffisances logistiques, comme l’a souligné le président de la CENI, Denis Kadima.
L’incohérence entre le discours nationaliste du camp présidentiel et la demande d’aide étrangère pour les élections soulève des questions légitimes concernant la souveraineté du Congo. Les critiques soulignent l’importance de maintenir une cohérence dans les déclarations officielles et suggèrent que le gouvernement devrait envisager des alternatives, telles que l’utilisation des avions des FARDC, pour garantir une plus grande autonomie dans les opérations électorales. Il est crucial de trouver un équilibre entre la nécessité de renforcer la souveraineté nationale et la réalité des défis logistiques auxquels le pays est confronté.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain













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