Dans un contexte congolais déjà saturé par les luttes de pouvoir et les manipulations politiques, l’AFC (Alliance Fleuve Congo) dirigée par Corneille Nangaa, s’engage dans une danse intrigante pour étendre son influence au-delà des rives du Nord-Kivu. Mais derrière cette façade de diversité et d’inclusion, se cache une ambition sordide.
Celle de réinventer une hégémonie qui, sous couvert de défense des droits de tous, semble surtout destinée à préserver les intérêts d’un petit groupe. Loin de la noblesse de ses prétentions, l’Alliance Fleuve Congo apparaît davantage comme un caméléon politique, cherchant à se fondre dans les couleurs d’une République où chaque nuance est synonyme de pouvoir.
Corneille Nangaa, figure controversée déjà associée à des pratiques douteuses lors de son passage à la tete de CENI, semble avoir compris que le temps des alliances restreintes est révolu. En s’aventurant vers le sud-est du pays, il ne fait pas preuve d’un altruisme désintéressé, mais plutôt d’un cynisme calculé, cherchant à capter de nouveaux soutiens.
Tout en tissant un réseau d’influence qui lui permettra de naviguer plus aisément dans un paysage politique chaotique. D’un côté, il s’efforce de s’émanciper de l’étiquette de “défenseur des Tutsi” accolée à ses parrains du M23, mais de l’autre, il se positionne comme un opportuniste cherchant à exploiter les fractures ethniques et régionales pour asseoir son pouvoir.
Ce qu’il convient de dénoncer ici, c’est l’hypocrisie alarmante de cette démarche. En prétendant élargir sa base, l’AFC ne fait que reproduire les schémas classiques du néocolonialisme qui sous-traite des congolais de souche pour le compte du Rwanda et de l’Ouganda, où les acteurs locaux deviennent les marionnettes d’intérêts externes, tout en maintenant les dynamiques de division qui gangrènent le pays.
Plutôt que de prôner une véritable unité nationale, Corneille Nangaa et son entourage semblent jouer une partition bien orchestrée, où chaque note est soigneusement choisie pour servir une ambition personnelle et élitiste. Cette quête d’influence n’est pas un acte de bravoure, mais un acte désespéré d’un homme et d’un groupe qui, face à l’inefficacité de leurs promesses, cherchent à redéfinir les règles du jeu à leur avantage.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













