Corruption lors des élections sénatoriales et des gouverneurs : Les aveux de Flory Kabange

Le procureur général près la Cour de cassation, Flory Kabange Numbi, a reconnu, mardi 15 octobre, qu’il y a bel et bien eu corruption au cours des dernières élections indirectes des gouverneurs et sénateurs en RDC.

Flory Kabange l’a dit dans son discours à l’occasion de la rentrée judiciaire. ‘’ Les dernières échéances électorales dans notre pays ont révélé des dérapages malheureux notamment à l’occasion des scrutins indirects lors des élections des gouverneurs et des vice-gouverneurs des provinces ainsi que des sénateurs. A ma qualité d’observateur de la scène politique nationale, j’ai eu cette fois, au plan professionnel, l’occasion de vivre l’expérience des faits de corruption dénoncés lors des élections tenues au niveau des Assemblées provinciales’’, a déclaré le procureur général près la Cour de cassation. Et le magistrat du parquet d’embrayer : ‘’ La bonne tenue des élections constitue le thermomètre par excellence de la santé de la démocratie dans un Etat qui se veut de droit. Ceci suppose un souci de moralisation à tous les niveaux’’.

Regret du PGR

Le Procureur général près la Cour de cassation, Flory Kabange Numbi a exprimé ce mardi 15 octobre le « regret » de constater que les actes de corruption dénoncés avec « fracas » lors des dernières élections indirectes des gouverneurs et sénateurs n’aient pas été portés devant les instances judiciaires pour les « décourager ». Tenez, le PGR s’est exprimé en ces termes : ‘’ Une chose est de dénoncer le fait infractionnel et une autre est d’aller jusqu’au bout de sa logique, en confirmant sa plainte au niveau des instances judiciaires, de manière à faire avancer l’instruction en collaborant au recueil des éléments des preuves à l’appui des accusations portées. Tel n’a pas été malheureusement le cas des dernières échéances, alors que les dénonciations ont été faites avec fracas. Les dénonciateurs s’ils ne se sont pas confondus dans les excuses, ils sont carrément disparus de la circulation.’’

Moralisation de la vie politique

Face à cette corruption, le PGR suggère la moralisation de la vie politique du pays pour sauver la démocratie. ‘’ La RDC et le peuple congolais sont résolument en marche. Les acquis de la démocratie sont palpables et encourageants. Et alors il apparaît impérieux de débarrasser ce parcours de toute obstacle, quel que soit sa nature. Ensemble œuvrons pour l’amélioration de cette démocratie par un effort constant de moralisation du paysage politique de notre pays.’’

Même si des plaintes pour corruption n’ont pas été déposées formellement, n’est-ce pas que le rôle d’un procureur est la recherche des infractions ? En outre, quelle a été l’issue de l’enquête que le Chef de l’Etat Félix Tshisekedi lui avait confiée à ce sujet ? Autant de préoccupations qui méritent d’être élucidées.

Pour rappel, le président de la république, Félix Tshisekedi, avait pris la décision de suspendre, en mars dernier, l’installation des sénateurs élus, en majorité membres de la famille politique de Joseph Kabila. Mais cette suspension n’était que de courte durée car, quelques jours plus tard, elle a été levée après réception d’un pré-rapport de Mr le procureur général près la Cour de cassation après sa réunion de concertation avec les procureurs généraux près les Cours d’appel à travers toute la République, sur les allégations de corruption relevées autour de l’élection des sénateurs. Plusieurs observateurs avaient dénoncé une atteinte à la démocratie après des allégations de corruption au sein des Assemblées provinciales à l’occasion des élections des gouverneurs et des sénateurs.

Assainir l’appareil judiciaire

Le député Claudel André Lubaya estime qu’il est urgent d’opérer des changements  des animateurs au sein de la magistrature afin de favoriser l’État de droit. ‘’ Sans changement d’animateurs dans la magistrature, l’Etat de droit s’éloigne’’, a affirmé l’élu de Kananga au moment où les cours et tribunaux reprennent du travail ce mardi,  après les vacances judiciaires. Selon l’opposant proche de Moïse Katumbi, il faut assainir l’appareil judiciaire des antivaleurs qui ont terni son  image. ‘’ Rentrée judiciaire avec les mêmes hommes tant décriés, mêmes pratiques et mêmes méthodes de déni de justice, alimentées par une corruption officialisée et tolérée », a tweeté M. Lubaya qui appelle au changement en urgence. Cette rentrée judiciaire intervient à quelques jours de la marche des catholiques pour dénoncer la corruption et l’inefficacité de la justice. Plusieurs personnalités de l’opposition ont appelé leurs sympathisants à marcher ce samedi 19 octobre à travers le pays pour réclamer aussi la vérité dans l’affaire des 15 millions de dollars de la décote pétrolière. L’action de la justice congolaise est toujours décriée. En octobre 2017, l’ancien ministre de la Justice Garde des Sceaux Alexis Thambwe Mwamba avait fait un réquisitoire sans appel contre la justice et le magistrat congolais, déclarant, devant le Conseil supérieur de la magistrature, notamment que «l’arrestation et la détention sont devenues un instrument d’intimidation et de terreur contre les inculpés pour les amener à libérer leurs avoirs, avec à la clé le fameux principe et objectif de «3V»: V comme Villa, V comme Véhicule et V comme Veste que tous les magistrats cherchent à avoir par l’exercice d’une profession, qui jadis, fut un apostolat».

 

 

 

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