La Cour ! A peine commencé et déjà un premier scandale. L’ouverture du procès des putschistes dernièrement à la prison de Ndolo à Kinshasa a mis en lumière les carences d’une justice militaire incompétente et brinquebalante. L’instruction et la présentation des supposés putschistes ont donné lieu à une scène surréaliste et indigne d’une justice mal organisée.
Un détenu n’est reconnu coupable qu’après un jugement. Jusqu’à la preuve du contraire, les détenus de Ndolo sont tous présumés innocents, quitte à la justice militaire de faire son travail avec dévouement et faire la part des choses. Le premier couac a été côté interprétation. Dans des pays sérieux et civilisés, un accusé aura toujours besoin d’un avocat pour le défendre.
Car spécialisé de lire la loi en faveur de son client afin que ce dernier ne soit pas lésé par la justice. Un accusé doit s’exprimer dans sa langue pour mieux se défendre. Dans le cas contraire, le tribunal va lui chercher un interprète assermenté c’est-à-dire un interprète officiel engagé par l’état. Un accusé doit se sentir à l’aise. Ça peut prendre du temps et des mois jusqu’à ce qu’un interprète soit trouvé.
Pour l’anglais, français, espagnol, mandarin, dioula, douala, allemand, bambara, arabe etc. La justice militaire congolaise a eu un problème sérieux lors de l’interview de Marcel Malanga alias “Warcel”, le fils du putschiste en chef abattu, âgé de 21 ans de nationalité américaine ne parlant que la langue de Shakespeare. Ce qui avait donné lieu à un drôle de spectacle.
Le prétendu interprète de l’armée congolaise sera incapable d’interpréter fidèlement les propos du jeune Warcel. Il fallait donc aller à la recherche d’un oiseau rare qui viendra de la RTNC. Un journaliste chargé des informations en anglais. Qui, lui au moins, va tirer son épingle de jeu. Mais le plus dur va bientôt commencer lors du procès lui-même.
Tout montre que la justice militaire congolaise n’est pas sérieuse en organisant tel procès à la va-vite pour le besoin du spectacle. Une justice qui ne sait même pas qu’un accusé ne doit pas décliner son identité et son adresse en public. Sa vie privée doit être préservée en vue de son intégration future dans la société après jugement en cas d’acquittement ou après avoir purgé sa peine !
Heureusement pour les trois détenus américains leur ambassadeur veille et suit de très près l’évolution de cette mascarade judiciaire, voire aussi s’occupe de leurs nourritures et boissons. Sinon, l’explication de leurs menus américains en prison allait poser problème. Le pain, le fromage, haricots, margarine, riz, chips, frites à la prison de Ndolo s’appelleraient alors comment en français ?
La justice militaire congolaise, arrêtez d’être ridicule. À l’allure où vont les choses, la retransmission en direct de ce procès risquerait d’être interrompue et se faire à huit-clos au vu des scandales et incohérences qui ne se succéderont lors de ce procès. Fort heureusement, le ridicule n’a jamais tué personne en RD Congo. Vive l’État de droit !
Dary Abega / Lobjectif.net












