Comment une poignée de bruits en col blanc tente de saborder la renaissance de la Congolaise des Voies Maritimes (CVM) en fabriquant de toutes pièces une réalité parallèle. Il faut parfois savoir s’arrêter, prendre du recul, et contempler, médusé, le spectacle navrant offert par certains petits comédiens en quête permanente du pouvoir et de la reconnaissance.
À la Congolaise des Voies Maritimes, la pièce qui se joue n’est plus une simple tragi-comédie d’entreprise ; c’est une opération de déstabilisation en règle, orchestrée avec une maladresse qui frise l’insulte à l’intelligence du public. Au cœur de cette tempête dans un verre d’eau politicienne : un Conseil d’Administration hostile comme d’ailleurs dans toutes les entreprises publiques en RDC.
Mais aussi son aréopage, comprenant certaines figures aussi éminentes que le député Longo Longo, le député honoraire Phoba, le DGA et autres. Leur projet ? Simple et éculé : saper l’autorité de la Direction Générale menée par Madame Jeanne-Blandine Kawanda Walwom. Leur arme ? La désinformation, distillée avec la subtilité d’un marteau-piqueur.
Le cas d’école nous est servi, frais comme le café du matin, par la chaîne Top Congo ce 17 octobre 2025. À l’aube, un certain Grace Tsasa, s’auto-proclamant “leader des jeunes de Boma”, est venu déverser un flot de griefs plus fictifs les uns que les autres. Il évoque une marche qui n’a jamais eu lieu ni encombré le bitume, dénonçant des arriérés de salaire de deux mois, fustigeant un prétendu “manque de respect et une gestion opaque” de la Direction Générale.
La mauvaise foi, ici, n’est pas un trait de caractère, c’est une stratégie de communication. Elle atteint des sommets vertigineux, au point qu’on se demande si les commanditaires de cette mascarade prennent le peuple pour une collection de naïfs. Mais posons donc la question qui dérange, celle que les faiseurs de brume espèrent que tout le monde oubliera : quel était l’état de la CVM avant l’arrivée de Madame Jeanne-Blandine Kawanda Walwom ?
Le temps de la bonne gouvernance est enfin arrivé !
Faut-il rafraîchir les mémoires défaillantes ? Faut-il exhumer les archives d’une entreprise exsangue, à l’agonie, où les salaires n’étaient pas une dette honorée mais un vœu pieux, où les arriérés s’empilaient comme des fantômes dans les placards ? L’actuelle Direction Générale a hérité d’un naufrage. Et que fait-on face à un naufrage ? On pompe l’eau, on colmate les brèches, on remet le navire à flot.
Madame Kawanda Walwom s’est attelée à cette tâche herculéenne avec une détermination qui force le respect. A-t-on déjà vu un pompier se faire accuser d’avoir les bottes mouillées alors qu’il combat un incendie qu’il n’a pas allumé ? C’est pourtant l’absurdité de l’accusation. Les efforts pour régulariser la paie, pour apurer les dettes du passé, sont des réalités tangibles, des batailles gagnées pied à pied contre la déliquescence héritée.
Alors, voir ces mêmes arriérés, que la Direction actuelle est en train de résorber, brandis comme une preuve de sa mauvaise gestion, relève de la plus pure escroquerie intellectuelle. C’est l’équivalent de casser la vaisselle, de regarder quelqu’un la ramasser, puis de l’accuser d’avoir sali le sol. Le “déficit de communication” dénoncé est un chef-d’œuvre de cynisme pour des gens qui ont juré d’obtenir la tête de la Directrice Générale.
La seule communication qui semble importuner ces agitateurs est celle des faits, des chiffres, des progrès réels qui contredisent leur narratif calamiteux. Ils ne veulent pas de dialogue ; ils veulent un monologue où ils seraient les seuls metteurs en scène. Quant à la “gestion opaque”, elle est le cri de ralliement universel de ceux qui n’ont plus d’arguments. C’est l’accusation fourre-tout, l’épouvantail agité pour masquer l’absence totale de preuves.
L’opacité, c’était le modus operandi de l’ère révolue. La lumière que la nouvelle direction tente d’apporter dérange visiblement ceux qui prospéraient dans l’ombre. Messieurs les agitateurs du Conseil d’administration, votre complot est si transparent qu’il en devient pathétique. Vous utilisez des porte-voix sans mandat, vous instrumentalisez une presse peu regardante, et vous fabriquez de toutes pièces une colère populaire qui n’existe pas.
Vous jouez avec le feu des rumeurs, indifférents aux dégâts collatéraux sur l’institution et ses agents. Le peuple et les agents de la CVM comme dans toute l’administration publique en RDC méritent mieux que ce théâtre d’ombres. Ils méritent la vérité des comptes, la transparence des actions et le crédit donné à ceux qui se lèvent chaque jour pour réparer les erreurs du passé. Et comment ne pas évoquer le rôle sinistre de certains “syndicalistes” qui, au lieu d’être les gardiens des intérêts des travailleurs, se sont mués en mercenaires de la crise ?
Leurs gilets de combat ne sont que des costumes d’apparat pour mieux dissimuler les poches remplies par des pots-de-vin et le financement de leurs “ordres de mission” aussi budgétivores qu’inutiles. Alors que la trésorerie de l’entreprise est sous perfusion, ces grands voyageurs exigent des séminaires loin du siège pour des questions qui pourraient être résolues par une simple visioconférence.
Leur combat n’est pas celui de la justice sociale, mais celui de leur propre enrichissement. Ils marchent main dans la main avec ces “financiers véreux”, petits comptables de l’apocalypse, qui, stylos rouges sang, volent systématiquement sur toutes les dépenses et retranscrivent de faux chiffres dans leurs registres pour se servir allègrement dans la caisse. Ces petites rivières permanentes qui deviennent de grands fleuves.
Cette mafia interne, cette cinquième colonne, ne défend pas les salaires, elle défend son pré carré – un système de prédation organisée que la nouvelle direction a eu le tort impardonnable de menacer en rétablissant un peu de transparence. Leur colère feinte n’est que la rage du voleur à qui l’on a coupé les vivres. La tentative de parjure médiatique est lancée avec une rage injustifiée mais compréhensible.
Mais face au mur des réalités que dresse le travail acharné de la Direction Générale, elle est condamnée à s’effondrer sous le poids de son propre ridicule. L’histoire retiendra qui a construit, et qui a seulement su détruire par des mots. On ne reproche pas à l’orage d’avoir déraciné les arbres morts. Il est donc absurde de critiquer celle qui nettoie et assainit, car ses actions ne font que révéler et balayer les éléments corrompus et moribonds qui étaient déjà là.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













