Pendant que les regards congolais sont rivés sur la libération supposée de Corneille Nangaa et le RDF-M23, une tempête silencieuse se prépare dans l’Est. Ce 6 mars 2025, le parlement rwandais, en une démonstration qui frise l’absurde, débat de la prétendue récupération des terres gracieusement attribuées par la Belgique et le Royaume-Uni à la RDC.
La députée Muzana Alice a enflammé les esprits en déclarant : “Nos terres, offertes aux Congolais, sont plus vastes que le Rwanda lui-même. Le moment est venu de les récupérer.” Voilà qui pose la question : à quel jeu joue vraiment Kigali ? Des prétentions délirantes s’érigent en dogme tandis que l’on se focalise sur la libération de Corneille Nangaa, éclipsant des enjeux colossaux.
La possible annexion de territoires congolais ne serait rien d’autre qu’une nouvelle pièce d’une stratégie expansionniste bien rodée. Jadis perçus comme des alliés ou même des libérateurs, les dirigeants rwandais révèlent désormais un appétit insatiable pour les terres. Moïse Nyarugabo, porte-parole attitré des thèses rwandaises sur l’échiquier politique congolais, n’aurait sans doute pas tardé à dénoncer ce nouvel affront.
Dignitaire intensément attaché à l’intégrité d’une certaine communauté, il pourrait s’insurger : “Ces revendications ne sont rien d’autre qu’un acte de prédation déguisé, une tentative flagrante de redéfinir des frontières depuis longtemps établies.” Azarias Ruberwa, habile dans l’art du compromis, pourrait quant à lui jouer les pacificateurs, tout en gardant une position ferme.
Il pourrait déclarer : “Rien ne saurait justifier un tel manquement aux règles internationales. Le dialogue doit l’emporter sur les braises de la discorde.” La RDC doit interpréter ce signal avec prudence. Plutôt que de pousser des cris d’orfraie, des solutions diplomatiques feront plus que de simples condamnations. Pourtant, l’odeur âcre de l’agression larvée flotte déjà dans l’air.
L’intégrité territoriale de la RDC est en jeu, et si l’on n’y prend garde, ce qui semblait être une simple réunion parlementaire rwandaise pourrait devenir le funeste prélude à des bouleversements géopolitiques majeurs en Afrique centrale. Il est urgent pour la communauté internationale de veiller au grain, car, quand le désir d’empire frappe à la porte, les fenêtres de la paix risquent de voler en éclats.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













