Depuis des décennies, la République Démocratique du Congo détient le titre envié du pays doté du barrage hydroélectrique le plus puissant d’Afrique : Inga. Pourtant, malgré cette richesse en ressources énergétiques, les habitants de la ville-province de Kinshasa se retrouvent régulièrement plongés dans le noir, victimes d’un délestage officiellement déclaré.
Comment expliquer qu’un pays possédant un tel potentiel hydroélectrique ne parvienne pas à assurer un approvisionnement électrique constant à sa population ? L’officialisation du délestage à Kinshasa met en lumière les dysfonctionnements profonds qui gangrènent le secteur de l’énergie en RD Congo. Quel est le pourcentage actuel de la desserte électrique en RDC ?
Le manque de sérieux et de vision à long terme des autorités politiques nationales et de dirigeants qui ont eu la responsabilité de gérer ce secteur vital pour le développement du pays est criant. Les promesses de fourniture électrique ininterrompue se heurtent à une réalité implacable : des coupures fréquentes et préjudiciables pour l’économie et le quotidien des Congolais.
Face à cette situation paradoxale, il est légitime de s’interroger sur les choix politiques et économiques qui ont conduit à cette impasse. L’officialisation du délestage apparaît comme le symbole d’une gestion incohérente des ressources énergétiques du pays, mettant en lumière des priorités mal orientées et des investissements insuffisants. C’est l’aveu d’un échec qui ne dit pas son nom.
Il est grand temps que les autorités congolaises prennent conscience de l’urgence de réformer en profondeur le secteur de l’énergie, de garantir la transparence dans sa gestion et de placer l’intérêt des citoyens au cœur des décisions stratégiques. L’abondance énergétique de la RD Congo ne doit plus être une fatalité ou synonyme de pénurie pour sa population.
Il est temps de transformer ce potentiel en opportunité, de faire de l’électricité un moteur de développement et de progrès pour tous les Congolais. L’officialisation du délestage à Kinshasa doit marquer le début d’une nouvelle ère, celle d’une gestion responsable, efficace et transparente des ressources énergétiques du pays. L’heure n’est plus aux promesses mais à l’action.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













