Le président de l’Assemblée provinciale a présenté sa démission quelques heures seulement avant une séance plénière cruciale où une pétition déposée contre lui devait être examinée, une décision qu’il présente comme un sacrifice pour la stabilité institutionnelle. Dans un coup de théâtre politique, André Masala a annoncé, ce mercredi 29 octobre 2025, sa démission.
La timing de cette annonce, intervenue à peine quelques heures avant l’ouverture d’une séance plénière qui devait examiner une pétition le visant directement, jette une lumière crue sur les tensions qui minent l’institution. Dans la lettre de démission dont une copie a été rendue publique, M. Masala n’évoque pas explicitement la pétition. Cependant, il justifie son départ par la volonté de préserver l’intérêt supérieur de la province.
“L’intérêt de la province et la stabilité des institutions pour une paix durable valent plus que ma personnalité”, a-t-il écrit, dans une déclaration lue en séance. Il affirme ainsi vouloir se retirer sans [se] sentir culpabilisé par les rumeurs, une phrase interprétée comme une référence directe aux accusations portées contre lui dans un contexte de fortes tensions et une perte de confiance.
Si la communication du président démissionnaire se veut apaisante, les réactions au sein de l’hémicycle dressent un portrait moins consensuel de la situation. Le vice-président, Anicet Mbangala, qui a dirigé la séance à la suite de cet événement, a salué “un acte de haute sportivité”. Mais il a immédiatement tempéré cet éloge en rappelant un fait politique central : André Masala avait perdu la confiance de la majorité des élus.
Cette perte de confiance est matérialisée par la pétition qui devait être examinée. Bien que son contenu exact n’ait pas été officiellement détaillé, son existence même attestait d’une fronde parlementaire suffisamment forte pour menacer sa présidence. Pour les observateurs politiques, la démission de M. Masala apparaît moins comme une retraite spontanée que comme une manœuvre tactique.
En choisissant de partir avant un vote qui aurait pu lui être défavorable, il évite une humiliation politique et une destitution potentielle. Cette stratégie lui permet de contrôler le récit de son départ, le présentant comme un acte noble de sacrifice plutôt que comme une conséquence directe de la pression politique. Et maintenant ? La démission d’André Masala, si elle permet d’éteindre temporairement l’incendie politique de la pétition, ouvre une période d’incertitude.
L’Assemblée provinciale se trouve maintenant dans l’obligation d’élire un nouveau président dans les plus brefs délais, un processus qui pourrait révéler les nouveaux rapports de force et les fractures au sein de la majorité. Cette séquence souligne la fragilité des équilibres politiques au sein de l’institution et pose une question cruciale : cette démission marque-t-elle la fin d’une crise ou simplement le début d’un nouveau chapitre, tout aussi agité, de la vie politique provinciale ?
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













