Une journée de lutte clamée par le docteur Denis Mukwege, prix Nobel de la Paix. Celui-ci s’indigne que les femmes soient encore considérées comme des citoyennes de seconde zone en RDC.
Alors que celles-ci ont démontré qu’elles sont capables.
Cet activiste pense qu’elles devront être pleinement et effectivement associées à toutes les démarches visant à instaurer et à consolider la paix, en conformité avec la résolution 1325 du Conseil de Sécurité de l’ONU. Pour lui, les femmes congolaises n’ont pas encore été placées en position sociopolitique confortable en République démocratique du Congo.


Comme les initiatives diplomatiques pour ramener la stabilité dans l’Est du Congo sont dans l’impasse et que les ultimatums pour faire taire les armes se succèdent sans jamais être respectées, les femmes qui payent le plus lourd tribut de la violence armée doivent réclamer des sanctions contre l’agresseur, souhaite Denis Mukwege. En outre, poursuit-il, “en cette année où la nation s’apprête à vivre des élections générales, nous appelons toutes les citoyennes en âge de voter à s’enrôler massivement”, encourage-t-il.
Mukwege y voit le destin de tout un peuple. Un avenir à conquérir par tous les moyens. “Il est temps de prendre notre destin en mains et nous sommes convaincus que le changement de paradigme viendra par la pleine participation des femmes à toutes les questions de la vie publique”, a-t-il persuadé.
Ayant à l’esprit que l’abstention ne profite qu’au régime en place, ” le réparateur des brèches” se résoud de mobiliser les femmes. “Il est primordial que les femmes se mobilisent pour participer en masse à tous les scrutins à venir, pour se présenter et pour avancer vers la parité dans les institutions de la République, conformément à la Constitution congolaise, et faire le choix de leurs représentants pour les années à venir”, incite-t-il.
Le gynécologue appelle aussi les femmes à s’organiser pour l’observation des élections à tous les niveaux et à devenir “les sentinelles de la démocratie en genèse en RDC”. Pour le prix Nobel, le changement tant attendu dépend de tous, et les femmes, qui sont majoritaires dans la société, ont une occasion à ne pas manquer d’exprimer leur soif de paix, de justice et de démocratie, et de faire la différence pour le bien commun.
Alors que les défis sont multiples dans le monde entier et en RDC en particulier, il n’y a pas de place pour la fatalité, espère Mukwege. “Nous exhortons les responsables politiques, religieux et économiques d’être aussi courageux que le sont les femmes pour construire un monde plus libre, plus juste, plus égalitaire, plus prospère et plus pacifique où les femmes jouiront dignement des mêmes droits que les hommes, dans l’intérêt de l’humanité et de la planète”, a-t-il invité.
Djodjo Mafuku













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