Le président Félix-Antoine Tshisekedi, connu pour son mandat haut en couleurs, a clôturé son premier mandat de cinq ans avec une série d’inaugurations spectaculaires ce 19 décembre 2023.
Parmi les réalisations majeures, le Président a célébré l’inauguration des nouveaux bâtiments de l’Université Pédagogique Nationale (UPN), du Centre Financier de Kinshasa, ainsi que des nouveaux bâtiments de l’Hôpital Général Provincial de Référence de Kinshasa, autrefois connu sous le nom de Mama Yemo.
Dans une cérémonie grandiose, le Président Tshisekedi a coupé le ruban rouge, symbole de ses promesses électorales. Cependant, derrière cette façade reluisante, une dose de satire pourrait bien nous aider à prendre du recul et à analyser ces réalisations.
Commençons par l’Université Pédagogique Nationale, rebaptisée par certains “l’Université Potemkine Nationale”. Cette nouvelle université, prétendument destinée à former une nouvelle génération d’enseignants compétents, semble être davantage une vitrine politique qu’un réel investissement dans l’éducation. Les salles de classe flambant neuves et les équipements de pointe pourraient bien masquer les problèmes plus profonds du système éducatif congolais, tels que le manque de ressources, les bas salaires des enseignants et les difficultés d’accès à l’éducation pour les populations les plus défavorisées.
Passons ensuite au Centre Financier de Kinshasa, qui a été inauguré avec fracas. Certains ont ironiquement qualifié cet édifice de “temple du détournement d’argent”. Alors que la population congolaise lutte quotidiennement pour joindre les deux bouts, il est difficile de justifier les investissements massifs dans un centre financier qui ne semble profiter qu’à une élite politique et économique déjà privilégiée.
Enfin, les nouveaux bâtiments de l’Hôpital Général Provincial de Référence de Kinshasa semblent être une réalisation positive en apparence. Cependant, il est important de se demander si ces nouvelles installations permettront réellement d’améliorer les soins de santé pour les Congolais. Les infrastructures modernes peuvent être impressionnantes, mais elles ne sont qu’une partie de la solution. Des questions sur le financement durable, la formation du personnel médical et l’accès aux médicaments essentiels restent sans réponse.
Alors que le mandat du Président Tshisekedi touche à sa fin, il est essentiel de garder un esprit critique face à ces inaugurations spectaculaires. Le développement réel d’un pays ne peut se mesurer uniquement en termes de bâtiments et de cérémonies grandioses. Il nécessite un engagement profond envers le bien-être de la population, l’éradication de la corruption et des inégalités, ainsi que des mesures concrètes pour améliorer l’éducation et les soins de santé pour tous les citoyens.
Rija Landu / Lobjectif.net













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