Qu’est-ce qui peut pousser la communauté internationale à ce regain d’appel au dialogue entre la RD Congo et le Rwanda ? Comment expliquer que de nombreuses voix ne s’élèvent que maintenant, comme si le sort des 15 millions de morts congolais et des 7 millions de déplacés congolais venait soudain réveiller cette communauté internationale de son sommeil ? Alors que tous les projecteurs sont braqués sur Gaza.
Les écailles, en principe, doivent désormais tomber des yeux des Congolais. Mis à part les collabos, les Congolais doivent s’affranchir du complexe de supériorité des occidentaux. Les chants de sirène en provenance des occidentaux pour amadouer le peuple congolais doivent être inaudibles. Trop, c’est trop. Les mois de janvier et février 2024 ont vu des déclarations tous azimuts prônant un dialogue entre un pays agressé (RDC) et son agresseur (Rwanda). Nous croyons rêver.
Il se chuchote que c’est Antony Blinken qui aurait convaincu certains États de la SADC de ne pas intervenir aux côtés de Kinshasa dans ce conflit de l’Est congolais pour favoriser le dialogue entre Kinshasa et Kigali. À ce titre d’ailleurs, les membres du Conseil ont appelé toutes les parties à reprendre le dialogue diplomatique et à exprimer leur soutien à tous les efforts visant à parvenir à une cessation des hostilités, en particulier aux efforts régionaux.
Lors du dernier sommet de l’UA, dans la première quinzaine de février, le président des Comores, Azali Assoumani, qui a terminé son mandat à la présidence de l’Union africaine, a rassuré que le dialogue est possible entre la RDC et le Rwanda. Il affirme même qu’il y a “une envie” de discuter de part et d’autre. Le président angolais, médiateur désigné pour renouer le dialogue en vue d’obtenir un cessez-le-feu entre le Rwanda et la RDC, a indiqué que cette initiative visait à relancer un processus de paix.
Comment expliquer que cette même communauté internationale, qui s’évertue à asseoir deux belligérants d’un côté et à signer des contrats financiers avec l’un des belligérants de l’autre, en l’occurrence l’agresseur, pour soi-disant sécuriser les minéraux dont il n’est pas producteur ? Nous pensons simplement que tout cela n’est que mascarade car s’il faut parler d’accords pour la paix dans cette partie du monde, il nous faudra des pages et des pages.
Déjà en 2012, Lambert Mende déclarait, à propos du M23, “on ne négocie pas avec une fiction”. Souvenons-nous de la déclaration des chefs d’État et de gouvernement de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) signée à Kampala en 2012, souvenons-nous des fameux accords de Nairobi confirmant la fin de la rébellion du M23.
Et nous sommes en 2024, la rébellion se poursuit avec vigueur, voilà qu’on vient de nouveau nous saupoudrer, encore et encore, avec ce somnifère au nom de dialogue pour nous laisser dans un état second afin de bien nous assommer. Les Congolais peuvent tirer de nombreuses leçons et se résoudre à l’évidence face à l’impuissance des Nations Unies à s’imposer à ceux qui siègent de manière permanente au Conseil de sécurité des Nations Unies.
Dialoguer avec le Rwanda correspondrait à se faire hara-kiri. Nulle part ailleurs on avait demandé à un agressé et à son agresseur de dialoguer. La raison du plus fort aura toujours plus de poids sur la balance. Le président de la RDC doit arrêter de souffler le chaud et le froid dans cette affaire. Son attitude de brandir la menace un jour pour revenir par la suite sur son discours finira par le discréditer totalement et le disqualifier.
Ou alors, si la RDC s’incline devant toutes ces injonctions pour aller au dialogue, démontrant par là sa faiblesse, cela reviendrait à une abdication. Voilà pourquoi nous revenons toujours à cette citation d’Albert Einstein : ” La folie, c’est faire toujours la même chose et s’attendre à un résultat différent”.
Clovis MBIKAY KAMPANDHA
Vice-Président National APARECO












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