Dans le grand théâtre des nations, la scène se dresse, solennelle et tragique, où se mêlent des acteurs aux rôles bien définis. Au cœur de cette pièce, la République Démocratique du Congo, ce vaste pays aux richesses incommensurables, se débat dans les filets d’un piège diplomatique tendu par la France d’Emmanuel Macron.
Le Président français, figure tutélaire de cette machinerie, orchestre le ballet des puissants, plaçant le Rwanda et son président Paul Kagame en première loge, comme si le drame congolais n’était qu’un lointain écho, une note dissonante à étouffer sous le poids de la bienséance diplomatique. Il est temps de se demander : pourquoi cette indifférence ? Pourquoi cette machination ?
Quelle est la nature de cette salutation entre Félix Tshisekedi et Louise Mushikiwabo, secrétaire générale de la Francophonie ? Félix Tshisekedi doit toujours, comme il a su le faire par le passé, élever sa voix pour porter haut les aspirations de son peuple. Celui qui ne fixe pas ses frontières dès le matin, risque de voir son jardin envahi au crépuscule.
Une poignée de main chaleureuse, un sourire complice, alors que le sang des Congolais continue d’arroser la terre meurtrie dans l’Est ? Ce geste, loin d’être anodin, résonne comme une trahison. Comment peut-on s’incliner devant ceux qui, par leurs actions, ont contribué à l’occupation des terres congolaises et à l’assassinat de notre dignité collective ?
L’image du président congolais, flanqué de Paul Kagame, à peine trois personnes d’intervalle, ne trompe personne. Elle est le symbole d’une connivence inacceptable, d’une normalisation de l’aberration que représente l’agression rwandaise. Dans un monde où l’apparence prime souvent sur la réalité, cette photographie officielle devient le reflet d’une amnésie collective, d’un déni qui ne peut que scandaliser.
La question se pose alors, avec une acuité douloureuse : l’entourage du chef est-il pourri, ou est-ce le chef lui-même qui ne parvient pas à comprendre l’horreur de la situation ? En choisissant d’embrasser la diplomatie du sourire, Félix Tshisekedi semble oublier que chaque accolade avec l’oppresseur est une souffrance infligée à son peuple.
La position de la RDC sur l’échiquier international ne doit pas se réduire à un simple exercice de style, mais doit être le cri de ceux qui souffrent, une revendication de justice et de dignité. Il est impératif que le président congolais prenne conscience de son rôle. L’héritage historique de la RDC, marqué par des luttes interminables pour la souveraineté et la justice, exige une posture forte et déterminée.
Accepter la présence du Rwanda sur la scène diplomatique, c’est faire le choix de l’oubli, du mépris pour la mémoire des victimes, de ceux qui ont payé le prix ultime de cette guerre silencieuse. La diplomatie ne doit pas être un artifice, mais un instrument de lutte. En serrant la main de Louise Mushikiwabo, en se rapprochant de Kagame, Félix Tshisekedi dilue son propre message de résistance.
La véritable force réside dans la capacité à dire non, à refuser de cautionner les abus, à faire entendre la voix de ceux qui ne peuvent plus se lever. La RDC doit transcender cette comédie diplomatique. Elle doit revendiquer son droit à l’existence, à la paix et à la dignité. La lumière de la vérité doit briller sur les atrocités subies, et le peuple congolais mérite un leader qui porte cette flamme avec courage et détermination.
Dans ce contexte, la vraie question demeure : qui défendra réellement les intérêts de la RDC ? Le temps est venu de choisir un chemin, celui de la résistance ou celui de la soumission. Le choix appartient à ceux qui osent rêver d’un avenir meilleur. Heureusement face à la mascarade constatée à la Francophonie, Félix Tshisekedi comme un arbre enraciné n’a pas plié mais a dansé avec le vent de ses convictions.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













