Kinshasa, RDC — Près de deux ans après l’enlèvement de Marcel NDOFUNSU MALATA, informaticien personnel de feu Cherubin OKENDE, le mystère demeure entier. Enlevé le 31 octobre 2023 devant le ministère des Transports et Voies de Communication, en plein cœur de Kinshasa, il n’a plus donné aucun signe de vie. Son nom s’ajoute à une liste croissante de disparus dans un climat politique de plus en plus tendu en République Démocratique du Congo.
Informaticien discret et père de famille dévoué, Marcel NDOFUNSU laisse derrière lui une épouse et deux filles mineures. Selon plusieurs sources proches du dossier, les circonstances de sa disparition seraient d’ordre politique, certains n’hésitant pas à évoquer un lien direct avec le sort tragique de son ancien employeur, feu Cherubin OKENDE, lui-même assassiné dans des conditions encore non élucidées.
Mais l’affaire prend une tournure encore plus troublante : l’épouse de M. NDOFUNSU, Mme Kethia MAFUALA, ainsi que leurs deux enfants, sont eux aussi portés disparus.
D’après les informations obtenues auprès de l’Agence Nationale de Renseignement (ANR) et de la Direction Générale de Migration (DGM), Mme MAFUALA aurait quitté le territoire national illégalement, avec l’aide d’un agent corrompu, et vivrait à l’étranger depuis plus d’un an.
Le Parquet général a ouvert une enquête judiciaire et s’intéresse aux conditions de cette fuite. Il vise en particulier les personnes ayant facilité l’exfiltration de Mme MAFUALA, alors même que cette dernière faisait l’objet de poursuites judiciaires.
Parmi les premiers noms cités figure M. Christian LUBAYA, ancien chef de protocole du ministre défunt Cherubin OKENDE, soupçonné d’avoir contribué à cette disparition. Mme MAFUALA est désormais formellement accusée d’entrave à la justice, tandis que des poursuites pour complicité pourraient être engagées contre toute personne impliquée.
Cette affaire, aux accents dramatiques et politiques, suscite une profonde inquiétude dans l’opinion publique. Le silence des autorités sur la disparition de M. NDOFUNSU interroge, alors que sa famille reste sans nouvelles, et que des zones d’ombre persistent autour des faits.
Dans un pays où les violences politiques et les dérives institutionnelles continuent d’alimenter la méfiance, cette disparition résonne comme un nouveau signal d’alarme sur l’état de droit en RDC.
David NTUMBA






















