Le dimanche 10 juillet 2024, jour de la clôture des 33èmes Jeux Olympiques à Paris, la RD Congo se retrouve sous les feux de la rampe, mais pas pour les raisons espérées. Alors que la délégation congolaise s’apprête à défiler au Stade de France, trois de ses athlètes, le nageur Aristote Impelenga, le judoka Daso Kisoka et le sprinter Dominique Lasconi, sont portés disparus.
Une situation qui ne fait qu’ajouter à la cacophonie et aux préoccupations déjà existantes autour de la participation de la RDC dans cette grande fête du sport. La RDC a engagé une délégation de six athlètes dans quatre disciplines : le judo, la natation, l’athlétisme et la boxe. Malheureusement, cette participation a été marquée par des performances décevantes, sans aucune médaille à la clé.
Dominique Lasconi, qui a terminé 7ème au premier tour des 100 mètres, est la seule à avoir montré une lueur d’espoir, ayant réalisé un chrono de 10’54” qui ne lui a cependant pas permis de passer les éliminatoires. Aristote Ndombe a terminé à une modeste 70ème place en nage libre, tandis que Daso Kisoka a été éliminé dès son premier combat en judo, abandonnant face à l’Israélien Yam Wolczak.
La situation devient encore plus préoccupante avec la disparition de ces trois athlètes, qui jette une ombre sur l’image déjà fragile de la RDC dans le monde du sport. Ces événements soulèvent des questions sur la sécurité et le bien-être des athlètes congolais à l’étranger, ainsi que sur les conditions dans lesquelles ils s’entraînent et se préparent pour des compétitions internationales.
Alors que Didier Budimbu, ministre des Sports, est présent à Paris pour assister à la cérémonie de clôture, la délégation congolaise se présente affaiblie et incomplète. Les boxeuses Marcelat Sakobi, Brigitte Mbabi et la nageuse Divine Miansadi sont les seules à défiler, symbolisant non seulement l’absence des autres athlètes, mais aussi le manque de résultats probants pour la RDC lors de ces JO.
Cette situation soulève des interrogations sur la préparation et le soutien accordés aux athlètes congolais. Pourquoi une nation avec un tel potentiel sportif semble-t-elle si mal préparée pour des compétitions internationales de cette envergure ? Les disparitions d’Aristote, Daso et Dominique sont-elles symptomatiques d’un environnement plus large de négligence et de désillusion ?
Les événements de Paris viennent s’ajouter à une série de problèmes plus vastes auxquels la RDC fait face sur le plan sportif. La gestion des athlètes, les infrastructures déficientes et le manque de financement sont des défis persistants qui entravent le développement du sport dans le pays. En mettant en lumière ces disparitions, il est crucial de se demander quelles mesures seront prises pour éviter que de telles situations ne se reproduisent à l’avenir.
La RDC a besoin d’un cadre solide pour soutenir ses athlètes, non seulement en période de compétition, mais également dans leur préparation quotidienne. Les instances sportives doivent se mobiliser pour garantir la sécurité et le bien-être de leurs représentants, car c’est à ce prix que le pays pourra espérer un retour en force sur la scène sportive internationale.
La disparition d’Aristote Impelenga, Daso Kisoka et Dominique Lasconi à Paris 2024 est un cri d’alarme pour le sport congolais. Elle souligne des failles systémiques qui nécessitent une attention urgente. La RDC doit réévaluer sa stratégie sportive, investir dans ses athlètes et établir des protocoles de sécurité adéquats.
Seule une action concertée pourra redonner espoir et fierté à une nation qui aspire à briller sur la scène mondiale. Les Jeux Olympiques ne devraient pas être le théâtre de disparitions inquiétantes, mais une célébration de l’excellence sportive, où chaque athlète congolais peut s’épanouir en toute sécurité.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













