L’audience du jour à la prison militaire de Ndolo a débuté par un incident symbolique à 10h07. Alors que la rigueur sécuritaire imposait un contrôle d’identité strict, les trois garçons dont les 2 fils de Marie-Ange Mushobekwa — Claudien, Christopher et Noah — ont tenté de franchir le premier portail sans se soumettre aux formalités, provoquant l’ire du militaire de faction.
C’est Madame Marie-Ange Mushobekwa elle-même qui s’est levée pour calmer la situation et présenter des excuses. Cette entrée en matière contraste avec l’attitude de la partie civile une fois à l’intérieur du prétoire, où elle a détaillé avec précision son rôle dans la constitution du dossier. Madame Marie-Ange Mushobekwa a confirmé à la Cour être l’auteure exclusive des photos et vidéos montrant les ecchymoses de ses enfants — des images prises vers 17h.
Après qu’elle a déclaré avoir dormi un peu plus tard après 10h30 jusqu’à cette heure-là grâce à la prise de Tranxène 5mg et de Mélatonine fournis par son fils aîné résidant en France. L’audition du Docteur Dosh Yengi Mbuta Junior, témoin clé de la partie civile, a mis en lumière des fragilités procédurales notables. Le médecin généraliste a reconnu avoir examiné les jeunes hommes après 22h à la Clinique Diamant — soit près de 20 heures après les faits présumés — et a qualifié leur état d’”examen sans particularité”.
S’il a évoqué des contusions musculaires suite à un choc, le certificat médical versé au dossier n’a pas été signé par lui mais par une collègue de l’administration, et surtout, il ne comportait pas la “formule sacramentelle” d’identification médico-légale exigée en la matière. Face aux questions de la défense sur l’incohérence entre une douleur évaluée à “10 sur 10” et la prescription de simples antalgiques (Paracétamol et Dolarene) plutôt que de morphine.
Le médecin a répondu que cette évaluation venait de la déclaration spontanée des patients et a reconnu ne pas être habilité à établir un document légal de médecine légale, admettant ne pas connaître la notion de “dommage prévisionnel” posé par la Cour. Point central de l’audience, Madame Marie-Ange Mushobekwa a dû expliquer pourquoi elle avait remercié Philemon Mambabwa et demandé à ses enfants de s’excuser en quittant la résidence le matin des faits.
Elle a justifié cette attitude par la peur ressentie face au dispositif militaire déployé devant la propriété, assurant que ni elle ni ses enfants ne montrent leur douleur en public en raison des épreuves familiales traversées depuis la perte du père. Elle a également affirmé avoir reçu un appel de John Kanyoni Nsana se présentant comme mandaté par Monsieur Philemon Mambabwa pour un “arrangement à l’amiable”.
Offre qu’elle dit avoir catégoriquement refusée, préférant s’en remettre à la justice. La Cour a pris acte de l’ensemble de ces déclarations, non sans rappeler à l’ordre l’assistance qui avait laissé échapper des rires lors du récit de la longue sieste de la partie civile.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













