Au cœur de la controverse actuelle en République Démocratique du Congo se trouve la question brûlante de la prise en charge des femmes enceintes et des nourrissons prématurés dans les administrations hospitalières publiques.
Malgré les discours et les interventions du ministre de la santé et de la prévention, responsable de toutes les autorités du département de la santé, de nombreuses questions fondamentales demeurent sans réponse, laissant le peuple congolais dans l’incertitude et la préoccupation.
1) Les indicateurs de santé continuent de refléter des réalités alarmantes, avec un nombre significatif de décès de femmes dans les centres de santé et une prévalence élevée de mortalité intra-utérine des fœtus. Ces chiffres soulèvent des inquiétudes quant à la qualité des consultations prénatales et mettent en lumière la nécessité impérieuse d’une action corrective immédiate.
2) L’introduction de nouvelles politiques, comme la gratuité des accouchements, nécessite des études pilotes rigoureuses pour garantir leur efficacité et leur viabilité. Des questions essentielles demeurent sans réponse : le personnel a-t-il été formé adéquatement pour mettre en œuvre ces changements ? Les plateaux techniques ont-ils été améliorés pour répondre aux besoins croissants ? Les centres de santé disposent-ils des ressources nécessaires, notamment en termes de médicaments ?
3) L’absence apparente d’un manuel de procédures clair et efficace pour la prise en charge des patients soulève des préoccupations majeures. Combien d’hôpitaux à Kinshasa sont réellement équipés pour prendre en charge les prématurés, et pourquoi les sanctions administratives sont-elles mises en avant plutôt que des solutions concrètes ?
Enfin, depuis la suspension des politiques en question, y a-t-il eu une augmentation du nombre de décès similaires en RDC ? Ces questions cruciales révèlent un besoin urgent de transparence, de responsabilité et d’action concertée de la part des autorités de la santé pour garantir la sécurité et le bien-être des femmes enceintes et des nourrissons prématurés dans le pays. L’heure est à l’action et à la redevabilité, afin de prévenir de futures tragédies et d’améliorer le système de santé dans son ensemble.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













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