Le présent texte est mon droit de réponse, en tant qu’ancienne Directrice Générale ayant précédé Madame Blandine KAWANDA Walwom (JBKW), à une série de trois articles publiés dans le journal L’OBJECTIF par M. Teddy MFITU sur la CVM (Congolaise des Voies Maritimes). En effet, c’est avec indignation que nous avons constaté que lesdits articles mettent en cause notre gestion sur base d’informations inexactes, nous ne pouvions donc pas y rester insensible.
Les titres de ces trois articles sont les suivants :
1. JEANNE BLANDINE KAWANDA WALWOM REDONNE A LA CVM SES LETTRES DE NOBLESSE
2. JEANNE BLANDINE KAWANDA WALWOM ET LE PARI GAGNANT DE L’EXPERTISE CONGOLAISE.
3. JEANNE BLANDINE KAWANDA WALWOM, L’ETOILE POLAIRE DE LA CVM A UNE NOUVELLE GOUVERNANCE.
Dans la suite, nous nous permettons de donner un éclairage sur les principales allégations mensongères diffusées.
1. CVM HERITEE EN ETAT DE COMA A LA PRISE DE FONCTION DE MADAME JBKW
La situation de la CVM a été clairement dressée en juin 2023 dans l’état des lieux par secteurs d’activités annexé au PV de remise et reprise. Les faits saillants étaient les suivants :
A. Vétusté de l’outil de production constitué essentiellement de dragues, baliseurs, vedettes hydrographiques, de balisage et du pilotage ainsi que du dock flottant. Processus du renouvellement démarré depuis 2020 par :
- L’acquisition d’une drague d’occasion performante en décembre 2020 avec l’appui du Gouvernement.
- L’acquisition d’une vedette hydrographique sur fonds propres en janvier 2021
- Processus d’acquisition en cours d’un baliseur et d’une vedette hydrographique neufs. Provision de ± 2.700.000 USD bloquée et logée à la SOFIBANQUE à cet effet.
- Inscription d’une drague neuve dans le plan de passation des marchés de l’année 2023 en vue de démarrer le processus d’acquisition conformément à la procédure légale en la matière.
- Provision de ± 6.5 millions USD constituée par la redevance additionnelle et conventionnelle d’appui αυ dragage pour le financement de cette drague neuve.
B. Arriérés des salaires de 29 mois cumulés sur une période de 5 ans mais dont le cumul a été stoppé en octobre 2020. Depuis cette date à mai 2023, les salaires ont été payés régulièrement du fait de l’amélioration des recettes et de l’assainissement du logiciel paie. (Économie de ± 200.000$ obtenue de l’opération).
C. Situation financière stabilisée grâce à l’augmentation des recettes(de 2016 à 2020, les recettes mensuelles oscillaient autour de ± 1.500.000£ contre ±2.500.000£ ces dernières années), augmentation due elle-même à la hausse du trafic maritime, mais surtout grâce au contrat de collaboration signé en mars 2021 avec la FEC, qui assure à la CVM des recettes additionnelles appréciables tout en prenant en charge une partie importante des dépenses d’exploitations soulageant ainsi la trésorerie de l’entreprise.
A ce sujet un disponible de ± 10,5 millions USD a été laissé en comptes dont 6,5 millions USD pour le renouvellement de l’outil de production, 3 millions USD pour les charges d’exploitation de la drague FATSHI et 800.000 USD pour la formation. Signalons en outre le démarrage en juin 2023 avec l’appui de l’IGF d’une mission de recouvrement forcé des arriérés RDNA de l’ordre de ± 13.000.000 Euros auprès des clients récalcitrants qui allait procurer à la CVM des recettes exceptionnelles.
Ce tableau n’était nullement celui d’une entreprise en coma mais plutôt d’une entreprise stabilisée grâce aux efforts de redressement engagés par la Direction Générale sortante qui, elle, avait au contraire hérité en juillet 2017 d’une situation catastrophique caractérisée notamment par :
- L’absence de drague opérationnelle efficace pour réaliser la mission de l’entreprise
- Recours à Dredging International pour les campagnes de dragage intensif dans le cadre du contrat de partenariat public CVM – DI résilié en février 2023 qui avait couté au pays plus de 35.000.000 USD, soit le prix d’une drague neuve
- Déficit grave de trésorerie estimé à ± 1.000.000 USD par mois rendant impossible la paie régulière des salaires et le financement correct des charges d’exploitation ;
- Aucune provision dans les comptes bancaires.
IV. DRAGUE FATSHI, ACQUISITION MALHEUREUSE, OBJET D’IMMOBILISME, REPAREE PAR L’EXPERTISE LOCALE SOUS L’IMPULSION DE MADAME JBKW
Faute d’outils de travail performants, la CVM a acquis en urgence cette drague d’occasion pour continuer à assurer sa fonction d’entretien du bief maritime. Ceci en attendant l’acquisition d’une drague neuve à moyen terme dont le financement (±30.000.000 USD) faisait défaut et le délai de fabrication assez long (± 2 ans). Avant la livraison, elle a subi un contrôle technique par une mission CVM et le bureau Veritas qui ont attesté le bon état technique.
Depuis sa mise en service en mars 2021, jusqu’en juin 2023, elle avait réalisé 4 campagnes de dragage fructueuses en termes d’approfondissement et d’élargissement du chenal navigable avec des performances jamais atteintes à la CVM (± 40.000 m³/jour contre 5.000 m³/jour des anciennes dragues de la CVM. (Cfr rapports des campagnes). A notre sortie, l’entretien des groupes électrogènes et celle de 4 moteurs dont 2 de propulsion et 2 de dragage s’avérait urgent pour un bon fonctionnement de la drague.
Le dernier lot des pièces de rechange commandé à cet effet avait été réceptionné le 13 juin 2023. La 5ème campagne était aussi en cours de préparation. Après cette 5èmecampagne intervenue en juillet 2023, certains travaux d’entretien et de maintenance réalisés notamment par une entreprise locale (CAFE PRESS) n’auraient pas été fructueux entrainant l’immobilisation de l’outil en janvier 2023 en pleine exécution d’une 6ème campagne.
La raison de sa longue immobilisation (janvier 2024 à juillet 2025) relève de la responsabilité des dirigeants actuels qui n’ont pas accordé une priorité à sa réparation, et ont recouru à 2 reprises à la location d’une drague étrangère. C’est sous la contrainte de la FEC que ces dirigeants ont dû faire réparer la drague. D’autre part, il est de notoriété publique à la CVM que la drague a été dépannée sous l’encadrement d’un ingénieur camerounais et un technicien roumain, dépêchés sur place à BOMA après reconditionnement des turbocompresseurs des moteurs au Cameroun.
Le dépannage actuel ne serait en outre qu’aléatoire sans l’entretien complet de 4 moteurs précités ayant dépassés les heures normales de fonctionnement. Les raisons de la propagande mensongère portant sur sa réparation par l’expertise locale sont dès lors incompréhensibles.
V. DEPENDANCE COUTEUSE A L’EXPERTISE ETRANGERE ET DEFIANCE ENVERS LE POTENTIEL LOCAL
Cette affirmation est fausse. Le dragage du bief maritime ainsi que les entretiens et réparations des anciennes dragues ont toujours été assurés par les techniciens CVM. Ceux-ci maitrisant parfaitement le fonctionnement de ces engins du fait de leur longue expérience et pour avoir aussi bénéficié de plusieurs formations à l’étranger tout comme au pays. Ce n’était pas le cas pour la drague FATSHI dont la technologie était d’une génération plus récente et non maitrisée à la CVM.
Contractuellement, la formation des techniciens CVM pour une bonne prise en charge du navire aurait dû être dispensée en Argentine pendant 6 mois, mais elle n’a pas eu lieu à cause de la crise COVID-19. C’est ainsi qu’une formation sur le tas a été organisée à bord de l’engin par les équipages étrangers durant les campagnes. Dans ce cadre ±20 agents minutieusement sélectionnés avaient été affectés à bord de l’engin pour suivre une formation adéquate aux fonctions de capitaine, officier, maitre d’équipage, opérateur de dragage, mécanicien, et électricien.
L’appréciation faite par les formateurs étrangers était satisfaisante à la fin de la 3ème campagne et une réduction progressive des techniciens étrangers avait débuté dès la 4ème campagne. La reprise totale des opérations par les techniciens CVM devrait intervenir à la fin 2023. Le personnel opérant actuellement à bord de la drague a été formé par les mêmes techniciens étrangers décriés. Il est tout à fait normal que les équipages CVM soient en mesure de prendre en charge le navire après un écolage de 6 campagnes.
VI. PAIEMENT REGULIER DES SALAIRES, REGLEMENT DE DEUX MOIS D’ARRIERES (AVRIL ET MAI 2023) A L’ARRIVEE DE MADAME JBKW ET REDUCTION PROGRESSIVE DE 29 A 23 MOIS D’ARRIERES
Ces informations ne correspondent pas à la réalité des faits. La direction sortante avec moins de ressources avait déjà stoppé depuis octobre 2020 le cumul des arriérés de salaires (cfr dates de paie disponibles à la CVM) et liquidait chaque mois les salaires contrairement au délai élastique des années antérieures. La nouvelle direction générale a maintenu le cap en payant régulièrement les salaires avant la fin du mois. Il faut cependant préciser que cette action est réalisée dans un contexte financier plus favorable.
En effet, le chiffre d’affaires de la CVM constitué de ±95% de la facturation des navires desservant le bief maritime a connu une progression de ±18% par rapport à la période allant d’octobre 2020 à juin 2023 rendant plus aisé la paie des salaires. Concernant les règlements des arriérés, il y a lieu de porter les corrections ci- après :
- Le mois d’avril 2023 avait été réglé par la gestion précédente
- La paie de mai 2023 était fin prête attendant seulement la remise et reprise pour être libérée. La nouvelle direction a signé naturellement les titres bancaires au surlendemain de la remise et reprise pour permettre sa liquidation
- Les arriérés de salaire se comptaient à partir d’avril 2016 et non 2005
- Seuls 3 décomptes finaux datant de 2005 restés impayés pour des raisons incompréhensibles ont été liquidés (tous les décomptes jusqu’à 2010 étaient déjà payés)
- Seul 1 mois à savoir, le mois d’avril 2016 a été honoré en début de mandat au moyen des recettes exceptionnelles. Ces recettes provenaient du recouvrement forcé, avec l’accompagnement de l’IGF, des arrières des factures RDNA lancé par la direction sortante.
- A ce jour les arriérés de salaires se chiffrent à 28 mois et non 23 mois. Finalement les soi-disant exploits réalisés en ces matières sont discutables.
VII. REPRISE DE PAIEMENT DES COTISATIONS CNSS- PRISE EN CHARGE DES RETRAITES CVM PAR LA CNSS –PAIEMENT DES DECOMPTES FINAUX
Concernant ce point, la précarité de la trésorerie évoquée précédemment n’avait également pas permis le règlement aux échéances normales des cotisations sociales dues à la CNSS ainsi que les décomptes finaux fin carrière. La direction sortante n’était pas restée bras croisés face à ces problèmes. Dès 2018, elle avait commencé à payer les cotisations sociales liées aux paies liquidées.
Ensuite, avec la CNSS, une commission mixte comprenant les délégués des deux sociétés a été mise sur pieds et a procédé à l’évaluation de la créance globale due à l’institution en mai 2023. Pour permettre la prise en charge de 200 agents éligibles à la retraite de 2018 jusqu’en 2023, la CVM devrait s’acquitter de la totalité de la créance CNSS les concernant à savoir : ±1.200.000.000 CDF.
La CNSS a exigé en outre comme préalable à l’établissement d’un échéancier de paiement de la dite créance, le règlement du report solde des périodes antérieures à juillet 2010 s’élevant à ±300.000.000 CDF. La direction sortante s’est acquittée de ce montant en deux tranches en mai 2023. Ensuite dans le cadre de la continuité, les nouveaux dirigeants ont payé en quelques tranches le montant de la créance CNSS relative aux 200 agents.
Ce qui a permis leur prise en charge progressive à partir de l’année 2024. Il s’agissait donc d’une action en cours menée à bon port par les successeurs. Signalons par ailleurs que les retraités sortis à partir de janvier 2024 jusqu’à ce jour ne sont pas encore pris en charge parce que la créance CNSS globale les concernant n’était pas encore évaluée à notre sortie et ne le serait toujours pas à ce jour en vue du règlement de ce litige.
Quant aux décomptes finaux, la direction sortante, faute de trésorerie n’avait pu disponibiliser qu’une enveloppe mensuelle de 75.000$ pour leur liquidation progressive. Le management actuel a eu l’avantage d’obtenir du Gouvernement par le biais du Ministère des Finances le bénéfice de 5% sur la redevance minière(FSR), assurant à la CVM des recettes additionnelles de± 300.000$ par mois, somme actuellement consacrée au paiement de décomptes finaux courants.
Eu égard à tout ce qui précède, il est clair que les griefs imaginaires portés à l’endroit de notre gestion dans les articles contestés ne reposent nullement sur les paramètres réels de cette gestion. Nous regrettons que l’auteur de ces articles ne nous ait pas contactés pour obtenir un éclaircissement sur les informations en sa possession. Ce qui aurait permis d’éviter la propagation de fausses informations regrettables dénigrant le travail accompli par les prédécesseurs de madame JBKW.
Christine Tusse Daumbo / Lobjectif.net













