Encore des morts (sans compter les blessés lors de l’attentat à la bombe à Beni. L’insécurité sera-t-elle vaincue un jour à l’est de la RDC ?

Depuis six ans, la situation sécuritaire à Beni (Nord-Kivu) demeure préoccupante suite aux tueries persistantes des civils par les combattants d’Allied democratic forces (ADF). Depuis le début de cette année 2021, plusieurs personnes ont été tuées dans diverses attaques.

Joël Marc Kawita: à mon avis, avant de répondre, je peux d’abord dire que l’ennemi des congolais, c’est le congolais lui-même. D’après moi, l’insécurité à l’est du pays prendra fin tôt ou tard mais avec deux techniques: l’état de siège à l’est, c’est juste une distraction et une perte de temps. L’état de siège même s’il dure 100 ans, il ne ramènera pas la paix à l’est. Installer le camp militaire à l’est n’empêchera pas la guerre de continuer toujours L’installation du président à l’est, ce n’est rien du tout, c’est juste des idées ambigües qui nous enfoncent encore dans la fosse. Première technique : la négociation. C’est juste une négociation avec nos frères qui se sont rebellés, chercher à savoir les causes de leur haines’ envers leurs frères. Au cas où la négociation ne marche pas bien, on doit en ce moment lancer une technique d’identification et de recensement pour connaitre qui est qui et qui fait quoi.

Jo Tshisuaka: il faut toujours y croire, ce n’est pas chose facile. Même les armées les mieux équipées au monde n’arrivent pas à maîtriser le terrorisme.

Festavi Mbuyi: en effet, l’est du pays est toujours dans l’insécurité, les morts et les blessés ne finissent pas malgré l’installation des forces armées à l’est du pays. Ensuite, j’avais tant entendu parler des forces ougandaises et consorts, d’après moi, il faut patienter afin de laisser du temps aux forces armées ougandaises et aux FARDC de s’occuper afin de pouvoir mettre fin à ce qui se passe à l’est du pays.

Davina Ela : si on arrive à démanteler le réseau des malfaiteurs.

Justin Mukaya: dernièrement, j’ai discuté avec un ami qui vit actuellement à Bunia sur cette question, est-ce l’insécurité sera-t-elle vaincue un jour à l’est? D’abord, pour vaincre une chose, n’importe laquelle ou même l’homme, il faut d’emblée connaître la source de tout ou encore connaître où ces forces se ravitaillent. Ainsi, dans le cadre de l’insécurité à l’est, il m’a dit, la première et grande cause de l’insécurité à l’est, c’est la population elle-même; il a pris l’exemple de Lubumbashi pour m’expliquer ceci, pour ton information, le tribalisme c’est la vie de tous les jours à Lubumbashi. Et maintenant, il m’a dit que ce degré de tribalisme qui est à Lubumbashi est petit par rapport à celui qui est à l’est. Ainsi, ce degré de tribalisme si élevé a enfanté la haine entre-deux à tel enseigne que, selon ses propos, lui étant sur place et en plus originaire de là, les chefs des tribus poussent leurs administrés à la haine envers d’autres tribus qui sont dans la même province qu’eux et même ceux du dehors. C’est chaque ethnie a sa propre rébellion qu’elle finance afin de tuer et piller les autres. L’ennemi du congolais, c’est le congolais. L’insécurité finira si et seulement si l’amour commençait à régner au milieu de nous. Dans le cas contraire, oublions la phrase  » l’insécurité est finie ». Ceux qui ont fait ça, ce sont des congolais, je ne suis pas sûr qu’un rwandais ou un ougandais est venu faire ça, nous devons apprendre à nous aimer, ainsi, certains maux finiront. Le Congo est un vaste pays, mais divisé et très mal divisé. Ainsi, ça devient la grande cause de beaucoup de maux aujourd’hui. L’amour dans un sens plus général oui car ça permet d’éviter le mal et à mal penser envers les autres. C’est parce que je t’ai relaté ce qui se passe là-bas par écrit, mais si je t’avais fait un voice, ce serait trop horrible. Vous, vous êtes à Kinshasa, vous rédigez vos trucs plus calmement, mais je vous dis, ce qui passe sur les réseaux sociaux, ce n’est pas nécessairement ce qu’est la réalité. Le Congo n’est pas uni, c’est une grande raison de beaucoup de problèmes et même l’insécurité. J’ai des contacts à l’est, ils me racontent des histoires comme tu n’as pas l’idée sur le tribalisme dans ce coin-là. Je suis à Lubumbashi, tu ne vas même pas avoir l’idée de vivre ici car le niveau où on est tribal, tu ne vas pas aimer. Dernièrement, lors du confinement, je suis passé à Kamina, tu n’auras pas idée combien ces gens-là sont aussi tribaux…c’est ça le plus grand mal du Congo. Tu sais le plus grand candidat et qui va réussir à construire le Congo ? C’est celui-là qui va réussir à faire en sorte que tous les congolais vivent ensemble, il a déjà gagné son pari en faisant ça.

Corneille Jam’s: un jour, ça prendra fin, chaque chose a un début et une fin. Mais les militaires qui sont à l’est de la République font quoi exactement? Ce que je sais est qu’on ne peut pas changer l’éducation d’une personne âgée d’une vingtaine d’années le même jour.

Trésor Mbumus: l’insécurité peut être vaincue s’il y’a des stratégies fermes mais si il y’a aucune stratégie rien ne peut se faire. C’est à dire des stratégies qui sont spécifiquement attachées à ses matières qui touchent à la sauvegarde de paix et de liberté.

Alex Ngangeli: oui, c’est toujours possible que cette guerre soit vaincue, même quand notre génération passera, il est juste question de temps. Si le Seigneur l’a permis ainsi, malgré nos efforts nous humains nous ne pourrons changer ces efforts, alors gardons toujours l’espoir que tout ira bien un jour, la paix d’un pays ne se trouve pas dans un homme ni une autorité du pays plutôt en Dieu lui-même.

Yolande Nsekele: bon, en tant que fils du pays, nous ne pouvons pas avoir un avis contraire en ce qui concerne notre paix, il est juste question de se tenir main dans la main pour vaincre les ennemis et écarter la haine et le tribalisme au milieu de nous.

Propos recueillis par Clarisse Mfuamba

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