Si l’on en croit la propagande distillée par les canaux officiels de la province, le Gouverneur Jean Bakomito serait le nouveau bâtisseur de la chefferie de Wando. Pourtant, à Evaza, au pied du chantier flambant neuf de l’EP Mukalaya, les manœuvres et les maçons racontent une toute autre histoire. Notre enquête sur place révèle un hiatus saisissant entre les communiqués de presse et la réalité des fonds décaissés.
Le chantier de l’EP Mukalaya n’a jamais vu passer le moindre franc du Trésor public provincial ou national. Il est exclusivement financé par la cassette personnelle et les partenariats noués par Sa Majesté Constant Lungagbe Mbatanadu, Grand Chef de la chefferie de Wando et Député Provincial. Attribuer cette infrastructure au gouverneur Jean Bakomito relève d’une tentative de “hold-up mémoriel” qui indigne les notables de la contrée.
Ces derniers rappellent que les engins de terrassement aperçus sur la route Dungu-Ngilima ne portent pas l’emblème de la Province, mais bien le sigle des initiatives privées du chef Constant Lungagbe. La démonstration par la preuve est écrasante. Bien avant que le Gouverneur Jean Bakomito Gambu ne prenne ses fonctions, la chefferie de Wando était déjà un laboratoire de développement autofinancé. C’est de notoriété publique et nul ne peut feindre de l’ignorer.
Dans le seul secteur de l’éducation, et contrairement aux allégations selon lesquelles “aucune école n’existait”, Constant Lungagbe avait déjà injecté plus de 80 000 dollars américains sur ses fonds propres pour sortir de terre l’Institut Mbatanadu de Li-Mayi, un complexe de trois classes avec bloc administratif. En matière sanitaire, le centre de santé de Wandote et la polyclinique Wando fonctionnent grâce à son mécénat actif, y compris l’organisation de consultations ophtalmologiques gratuites avec des praticiens étrangers.
Le désenclavement de la région, attribué à tort aux projets gouvernementaux, est le fruit d’un plan local : le Grand Chef Constant Lungagbe a personnellement affrété pelles mécaniques et bulldozers pour réhabiliter la route Ndanda-Lera et moderniser les pistes agricoles vitales pour l’économie des ménages. Mieux, lorsqu’un partenaire minier comme Kibali Gold intervient sur l’EP Ngilima, c’est encore le leadership coutumier de Constant Lungagbe qui est cité comme facilitateur central.
Preuve que le développement à Wando suit un cap fixé par la chefferie, et non par le gouvernorat. Vouloir effacer le nom de Sa Majesté Constant Lungagbe de la pierre angulaire de Mukalaya, c’est tenter de réécrire l’histoire locale avec un feutre administratif. Cette manœuvre est d’autant plus maladroite qu’elle se heurte à la mémoire vive des populations de Wando. Ici, les habitants savent distinguer le bruit des discours politiques du vrombissement concret des chantiers financés sur fonds propres par leur autorité coutumière.
Si l’action publique du Gouverneur est attendue et nécessaire, elle ne saurait prospérer sur la négation des efforts colossaux consentis par celui qui a fait de Wando une terre d’espérance économique, abaissant le chômage local à un niveau historiquement bas. En matière de développement rural, la vérité est une pelleteuse : on peut essayer de la repeindre aux couleurs d’un nouveau parti, mais le moteur, lui, continue de tourner grâce au carburant payé par le Chef.
La reconnaissance du mérite n’est pas une option, c’est le socle minimal du respect dû à une communauté qui a choisi de se prendre en charge plutôt que d’attendre des miracles venus d’Isiro.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













