1968-1970, autres temps, autres moeurs comme on a l’habitude de le dire. A Kinshasa, l’économie était florissante. Le Zaïre-monnaie, une monnaie très forte à l’image de l’économie du pays. La Vespa était à la mode. La marque italienne 125 CC. Elle coûtait plus chère qu’une voiture VW, qui revenait à 220 Zaïres tandis qu’une VW coûtait à peine 120 Zaïres.
Les vedettes de football et de la musique roulaient toutes en Vespa pour se faire voir et être vues en frimant sur les artères bitumées de la capitale Kinshasa, ville qui n’était pas encore insalubre comme aujourd’hui. Les Kakoko, Mayanga, Kembo, Kibonge, Kidumu, Bavon Marie-Marie et autres frimaient avec leurs Vespas à Kinshasa.
Et surtout les musiciens de l’orchestre “le festival des maquisards” et les joueurs de Daring-Faucon encadrés par Denis Ilonsono, un grand mécène de l’époque, le secrétaire particulier de Mobutu. Sans oublier le cadeau présidentiel après la victoire des Léopards en Coupe d’Afrique des nations en 1968, ils seront tous bénéficiaires des Vespas chacun. Pourquoi le scooter “Vespa” ?
C’était à la mode, à cause surtout de la gente féminine, car compte tenu du succès, les belles femmes voulaient s’afficher ostensiblement avec une vedette de foot ou de la musique en vogue. Le seul moyen d’afficher cette idylle était de sillonner la capitale Kinshasa sur une Vespa en compagnie des vedettes Kembo, Bavon Marie-Marie, Kibonge Gento, Lokombe, Diana, Dalienst, Kiese etc.
“Tembe na ba mbanda”. Aujourd’hui nous vivons à l’époque des jeep 4×4 climatisées comme celles offertes par Augustin Kabuya de l’UDPS à ses députés. À des années- lumières des Vespas. Les femmes actuelles préfèrent les grosses cylindrées et les bolides. Autres temps, autres moeurs !
Dary Abega / lobjectif.net













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