En déplacement au Caire, le Président Tshisekedi s’adresse à la diaspora, évoquant la crise sécuritaire à l’Est et la voie du dialogue. Dans un discours à la fois ferme et empreint d’une solennité particulière, le Président de la République Démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi, a livré un plaidoyer vibrant pour l’unité nationale et la souveraineté de son pays.
S’exprimant devant la diaspora congolaise en Égypte, le Chef de l’État a abordé sans détour les défis sécuritaires qui persistent, tout en réaffirmant sa confiance dans une résolution par la voie diplomatique. L’échange, marqué par une grande proximité, a rapidement porté sur la situation critique dans l’Est de la RDC. Le Président Tshisekedi a dépeint une nation résiliente, confrontée à des menées qu’il a qualifiées de “belliqueuses et hégémoniques”.
Il a pointé directement du doigt le Rwanda voisin et son président, Paul Kagame. Selon lui, l’objectif de Kigali serait de « scinder le pays pour s’approprier les richesses de l’Est. Face à cette pression, le locataire du Palais de la Nation a tenu un double langage. D’un côté, il a assuré de sa détermination à défendre le territoire, déclarant avec force :”Pour défendre mon peuple, je suis prêt à tout.”
De l’autre, il a immédiatement tempéré cette ardeur en rappelant que sa vocation première n’était pas le conflit armé, mais le bien-être des populations. “Je ne suis pas devenu Président pour faire la guerre. Nos populations ont besoin de paix et de développement”, a-t-il insisté, rejetant toute “logique de guerre”. Pour lui, la diplomatie est un front actif et prioritaire qui a vocation à le demeurer.
Au-delà des postures, le discours du Président a surtout mis en lumière la stratégie choisie par Kinshasa : celle du multilatéralisme et de la pression diplomatique. Félix Tshisekedi s’est félicité des avancées sur ce front, affirmant avoir “réussi à impulser une dynamique internationale visant à sanctionner le Rwanda”. Il a détaillé le calendrier des pourparlers en cours, évoquant la reprise prochaine des discussions de Doha.
Ces dernières devraient précéder une médiation à Washington sous l’égide de l’ancien président américain Donald Trump. Cette feuille de route précise vise à rassurer sur l’existence d’un processus structuré et soutenu par la communauté internationale. La rencontre s’est conclue sur une note d’unité et d’espoir. En s’adressant à ces compatriotes éloignés de la mère patrie, le Chef de l’État a renforcé le lien avec la diaspora et a livré un message qui résume l’essence de son intervention.
“Notre pays ne sera jamais divisé”, a-t-il martelé sous les applaudissements. “Nous sommes un peuple debout, et je ferai tout pour garantir notre unité et notre dignité.” Une promesse qui, dans le contexte actuel, sonne autant comme un engagement que comme un rappel à la communauté internationale : la RDC entend défendre son intégrité par le dialogue, mais sans jamais céder sur ses principes fondamentaux.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR












