Rien ne prédestinait cet enfant issu d’une famille riche nigériane de faire une brillante carrière musicale. Étudiant à l’Université en Angleterre, son père voyait en lui un futur brillant homme d’affaires, un businessman voire un directeur dans une banque de la place. Mais le destin en décida autrement. Fela rentrera au pays en musicien, les bureaux climatisés de Lagos n’étaient pas faits pour lui, au contraire, il choisira la chaleur du podium et celle des salles de spectacle à travers le monde.
Fela Ransome kuti né à Abeokuta au Nigéria en octobre 1938 fera de la musique mais pas comme celle des autres. Lui, il sera un musicien engagé, un révolutionnaire, activiste, politicien ,extravagant, fantasque et fantastique. Il va créer sa propre musique’’ l’Afrobeat’’, un mélange de la musique traditionnelle Yoruba, jazz, Ju- ju ,hi- life ghanéen, funk afro-américain. Une musique expérimentale. Une réussite.
Fela kuti un musicien polyvalent, un chef d’orchestre qui pouvait chanter, jouer le saxophone, clarinette, la guitare, clavier et le tambour. Un homme orchestre, aidé par son batteur et directeur musical pendant dix ans Tony Allen. Fela kuti l’extravagant va créer sa propre république en pleine Lagos, la ’’République de Kalakuta,’’ son siège et lieu de résidence. Cible de la junte au pouvoir à cause de ses satires et provocations, l’artiste Fela révolté face à la gestion militaire qui contrastait avec la vie sociale des Nigérians dans un pays riche en pétrole, va composer l’album antimilitariste “Zombie” en 1976 dans les années de ’’coups d’État militaires’’ au Nigéria.
L’activiste politique Fela invitait le peuple à la révolte, conséquence : sa république sera prise d’assaut lors d’un raid militaire, sa mère une ancienne femme influente et activiste âgée de 78 ans sera défenestrée de l’immeuble par les militaires ,elle succombera plusieurs mois après de suite à ses blessures. Sa république Kalakuta rasée à l’issue du raid. C’était la vie de Fela kuti dans son pays. Une histoire d’amour qui l’amènera en exil au Ghana pour un séjour plus ou moins long. Il sera plus tard renvoyé vers son pays d’origine par les autorités ghanéennes, car il commença à réveiller la conscience des Ghanéens.
Et finalement de retour, Fela kuti choisira de faire la politique afin de faire passer son message au sein même du parlement sans s’attendre à un raid militaire dans sa république. Il va créer un parti politique le MOP abrégé en anglais qui voulait dire la serpillière ou le torchon. Évocateur ! À part sa réputation musicale et politique, Fela Ransome kuti va défrayer la chronique en se mariant avec 27 femmes le même jour, ses choristes. Voilà un bel exemple qui pourrait inspirer les patrons des orchestres congolais qui abusent de leurs danseuses mineures ou pas. Fela kuti se mariera avec toutes ses choristes officiellement.
En grippe toute sa vie contre les autorités nigérianes civiles comme militaires, Fela Ransome kuti sera pleuré à sa mort par toute la République, et fut reconnu comme un grand de la musique et un homme très influent. Un incorruptible. Il bénéficie de plusieurs expositions à travers le monde, à New-York surtout. Ce monde ne reconnaît que les grands. Fela Ransome kuti fut l’un d’entre-eux. Décédé en août 1997 à l’âge de 58 ans, il a laissé 7 enfants. Son œuvre musicale est immense. Deux de ses fils seulement sont sur ses traces.
Fela Ransome kuti le président de la République Kalakuta, celui la -même qui inspira Papa Wemba en 1977 pour la création de son village imaginaire ’’Molokaï ’’en plein quartier Matonge à Kinshasa. Le béret Molokai ’’ekoti ya nzube ’’fut une importation venue de Lagos après le Festac 77 ,le béret basque porté par Fela, et qui était à la mode à cette époque. Dixit Saguy Sharufa ’’sœur Élisabeth ’’ancienne compagne de papa Wemba qui était présente à Lagos, invitée par Tabu Ley Rochereau. Heureusement l’artiste ne meurt jamais, Fela Ransome kuti est immortel comme preuve ? Le présent article.
Dary Abega / Lobjectif.net













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