En brandissant l’Accord de Washington et la Résolution 2773, le Président congolais a transformé la tribune des Nations Unies en un tribunal moral pour le peuple congolais, exigeant des actes là où les mots ont trop souvent échoué. Dans le hall feutré de l’Assemblée générale des Nations Unies, où la diplomatie se pare souvent de circonlocutions, la voix du Président de la RD Congo, Félix Tshisekedi, a tonné avec une clarté déchirante.
Face à la communauté internationale, Félix Tshisekedi n’a pas proposé un simple discours, mais a déposé une requête pressante, un ultime réquisitoire contre ce qu’il a nommé avec justesse un “génocide silencieux”. Son intervention, centrée sur l’exécution sans délai de l’Accord de Washington et de la Résolution 2773 du Conseil de sécurité, marque un tournant : la fin de la patience congolaise.
Loin des vœux pieux, le chef de l’État Félix Tshisekedi a appuyé ses demandes sur des instruments juridiques précis, donnant à son plaidoyer une légitimité incontestable. L’Accord de Washington (27 juin 2025), facilité par les États-Unis et le Qatar, cet accord engage formellement le Rwanda à retirer ses troupes du territoire congolais et à cesser son soutien au RDF/M23, tandis que la RDC s’engage à neutraliser les groupes armés tels que les FDLR.
Un mécanisme conjoint de sécurité doit en superviser l’application. Cette résolution, adoptée en février 2025 sous le Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, condamne sans équivoque l’offensive du RDF/M23 et exige du Rwanda qu’il cesse son soutien au groupe rebelle et retire immédiatement ses forces sans conditions. Le Président Tshisekedi a astucieusement lié ces deux documents, rendant leur mise en œuvre indissociable.

Son appel à l’ONU pour en assurer la “stricte application” est donc une demande de rendre concret l’engagement de la communauté internationale. La puissance du discours du Chef de l’État congolais réside dans son refus catégorique de la facilité. En opposant une “paix juste, durable et vérifiable” à une “accalmie factice et éphémère”, Félix Tshisekedi a mis en lumière l’échec des processus passés.
Les rapports sur le terrain lui donnent tragiquement raison : malgré la signature de l’accord, les combats se poursuivent, les troupes rwandaises sont toujours présentes et la population civile paie un tribut effroyable. Le terme de “génocide silencieux” n’est pas qu’une formule rhétorique. Il résonne avec les conclusions des organisations de défense des droits de l’homme qui documentent des massacres à l’échelle industrielle.

Comme celui de Rutshuru en juillet 2025, où des centaines de personnes ont été tuées. Il évoque les millions de déplacés et les 28 millions de Congolais en besoin urgent d’aide alimentaire, chiffre qui place la crise parmi les plus graves au monde. Cette tragédie se déroule dans une indifférence relative, justifiant le qualificatif de “silencieux”. Face à cette tragédie, la posture de Félix Tshisekedi a été celle d’un avocat déterminé pour son peuple.
Il n’a pas seulement parlé en chef d’État, mais en porte-voix de millions d’innocents dont “le sang continue de couler”. Son appel à ce que la communauté internationale se tienne “avec constance et courage, du côté du droit” est un rappel à l’ordre cinglant. Il souligne que la neutralité ou la procrastination dans cette épreuve équivaut à une complicité passive avec les forces du chaos.

Cette position courageuse intervient alors que son leadership est scruté. Des organisations comme Amnesty International pointent les défaillances de son gouvernement en matière de droits humains. En prenant ainsi la tête du combat diplomatique pour une paix fondée sur le droit international, Félix Tshisekedi place la barre très haut, non seulement pour ses partenaires mais aussi pour lui-même. Il hérite de décennies d’échecs, mais son discours à l’ONU montre sa volonté d’inscrire son héritage dans la rupture avec le cycle infernal de la violence.
Le discours de Félix Tshisekedi de ce 23 septembre 2025 aux Nations Unies est bien plus qu’une allocution. C’est un acte politique majeur qui place la balle dans le camp de la communauté internationale. L’Accord de Washington et la Résolution 2773 existent. La vérité sur les souffrances du peuple congolais est connue. La question qui reste est celle de la volonté politique. Comme il l’a conclu avec une solennité touchante, invoquant la bénédiction de Dieu pour “la grâce d’une paix véritable”, le monde a maintenant une dette de preuve envers la RDC.
Le temps n’est plus aux déclarations de principe, mais aux actes vérifiables. La crédibilité de l’ordre international né de la Seconde Guerre mondiale se joue aujourd’hui dans les collines du Kivu. Le président Tshisekedi aura eu le mérite de le rappeler, avec une pertinence et une force poignantes qui, espérons-le, ne seront plus ignorées.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













