Ah, le grand Félix Tshisekedi, ce maestro de la rhétorique politique ! En affirmant « Jamais, au grand jamais je n’aurai en face de moi la délégation de l’AFC-M23 pour négocier », il a réussi à élever l’art de la négociation à un niveau qui frôle le sublime ou le ridicule. Le double langage n’est plus tenable. On doit respecter notre peuple et se tenir aux recommandations du Parlement.
Félix tshisekedi, ce grand chef d’orchestre des mots semble avoir oublié que, dans le monde de la diplomatie, une escarmouche peut parfois être le prélude à un véritable dialogue. Il est fascinant de constater à quel point cette déclaration résonne comme un écho lointain d’un discours qui, comme une pièce de théâtre, se répète sans cesse.
Comment ne pas sourire, ou plutôt rire, face à ce paradoxe ? Un président qui refuse de discuter avec ses opposants (Fayulu, Katumbi, Mukwege, Kabund et Kabila), mais qui, dans le même souffle, se présente comme le champion d’un changement pacifique. La négociation, pour lui, n’est pas une danse délicate, mais plutôt un combat de gladiateurs où il refuse de croiser le fer avec quiconque.
Et puis, que dire de cette parole qui semble s’être égarée dans les limbes de l’oubli ? Félix Tshisekedi, dont les promesses se sont souvent évaporées comme une brume matinale, nous rappelle que la dévaluation de la parole est un art que peu maîtrisent aussi bien que lui. La réalité est que le président, dans sa quête de grandeur, a choisi de se draper dans une armure d’orgueil.
À chaque déclaration, on attend avec impatience le moment où il se dédira, comme un prestidigitateur qui, au lieu de faire apparaître un lapin, nous sort un vieux discours poussiéreux. En refusant de dialoguer, il se prive non seulement d’une opportunité de réconciliation, mais il se place également sur un piédestal qui, à force d’être isolé, risque de s’effondrer.
Qui aurait cru qu’un simple refus de négocier pourrait être si révélateur de l’état de notre démocratie ?Alors, cher Président Félix Tshisekedi, quand la parole se dévalue et que les promesses tombent dans l’oubli, il serait peut-être temps de réévaluer votre stratégie. Car, au final, la politique n’est pas une escarmouche, mais une danse complexe où chaque pas compte.
Et il se pourrait bien que, dans ce bal, les plus grands perdants soient ceux qui choisissent de rester sur le bord de la piste. En attendant, continuons à observer ce spectacle tragique avec un mélange d’ironie et de tristesse. Après tout, la politique est un théâtre où les acteurs sont souvent plus préoccupés par leur propre égo que par le véritable bien-être de la nation.
Un grand bravo, donc, à Félix Tshisekedi pour sa performance à Bruxelles, mais n’oublions pas que la vraie scène est celle du dialogue avec le peuple congolais. L’héritage politique, souvent perçu comme un legs sacralisé des ancêtres, est en réalité une construction fragile, un palimpseste d’idéaux et de luttes dont les échos résonnent dans le présent.
En le célébrant comme une continuité, Félix Tshisekedi risque d’ériger des dogmes figés, étouffant ainsi l’innovation et la contestation nécessaires à notre évolution. Loin d’être un fardeau, cet héritage politique devrait être une invitation à la rébellion créatrice, un appel à questionner les certitudes établies et à réinventer le pacte social à chaque génération.
Car, en fin de compte, la véritable sagesse politique réside non pas dans la préservation du passé, mais dans l’audace de forger un avenir radicalement différent. La révision constitutionnelle est actée. Il y a toujours une vie après l’échec, la mort seule est définitive. Dans la vie, il faut réfléchir, décider et agir pour échouer ou réussir.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













