Lors de la prochaine élection présidentielle, la République démocratique du Congo, vivra inéluctablement une élection différente des trois précédentes depuis à savoir 2006, 2011 et 2018.
L’élection présidentielle de 2018 organisée totalement sur financement propre de l’État congolais, a montré à l’opinion publique tant nationale qu’internationale, aux militants et cadres des partis politiques congolais ainsi qu’aux politiques, qu’en RDC, on peut être le parti au pouvoir ou le président sortant et perdre le fauteuil présidentiel. Cette réalité, le président Félix Tshisekedi, fils de l’opposant emblématique Étienne Tshisekedi nourri aux mamelles de la démocratie aux côtés de son père, produit de la première et historique passation du pouvoir entre un président sortant et son opposant le plus farouche, l’a bien compris.
Mobilisation des recettes
Dès son arrivée au pouvoir, Félix Tshisekedi a sillonné les capitales du monde pour imprimer son empreinte sur la nouvelle dynamique diplomatique avec à la clé le retour des institutions de Breton Wood qui accompagnent la gratuité de l’enseignement en RDC, une vice-présidence en 2020 et une présidence en 2021 de l’Union africaine. Tout en s’activant dans la mobilisation des recettes pour juguler la crise économique née de la pandémie de la Covid-19, sur le plan national, le chef de l’État a fait de la lutte contre la corruption qui fait perdre à notre pays près de 15 milliards des dollars par an, une priorité des priorités pour réussir son mandat. Allusion faite au rôle prépondérant accordé à l’Inspection Générale des Finances (IGF).
Défense de l’intégrité territoriale
Après avoir incarné pendant des décennies son père puis lui, l’alternative de gestion de l’État, réussir son mandat comme président de la République, Félix Tshisekedi y est condamné. N’étant pas au sommet de l’État pour faire de la figuration, encore moins pour finir au purgatoire, le mandat Tshisekedi devrait renforcer dans les jours à venir son ancrage populaire en intégrant davantage les interrogations des congolais en matière de pacte social, de redistribution des richesses, de défense de l’intégrité territoriale de notre pays pour éviter de tomber dans les discours basés sur le passé d’un régime précédent qui avait mystifié au lieu d’apporter des réponses pertinentes aux besoins des populations. Le passé de Simon Kimbangu, Kimpa Mvita, Patrice Lumumba, Laurent-Désiré Kabila, Étienne Tshisekedi, un passé d’autant plus glorieux qu’il est fait des victoires de nos héros alors même que la RDC d’aujourd’hui semble être à court des hérauts.
Un nouveau pacte
Cependant, l’incarnation des aspirations de toute une nation, Félix Tshisekedi, président de la République rédige un nouveau pacte qui devrait enterrer le repli tribal chez certains, qui assimile toute une vision de la société où la différence devient le surligneur d’une exclusion d’autant plus violente qu’elle ne vise qu’à marginaliser « l’autre », qu’on élève au rang d’ennemi imaginaire. Succès diplomatique, amélioration du climat politique, gratuité de l’enseignement, gouvernance électronique programme prioritaire, sécurité à l’est, Félix Tshisekedi pose des actes. Il travaille pour un bilan, il prépare en bon démocrate, son retour au peuple, pour solliciter un second mandat en fin décembre de l’année en cours. Nul n’a besoin d’une baguette magique pour comprendre que la crise du Covid-19 a retardé les effets des réformes souhaités par Félix Tshisekedi et qui l’oblige aujourd’hui à se projeter au-delà de 2023 et à se déployer sur terrain pour convaincre les congolais du bien-fondé de lui accorder un second mandat pour poursuivre ce qu’il a commencé. « Qui vivra verra » dit-on.
Démocratie oblige, c’est le souverain primaire qui a le dernier mot. Et cela vaut dans la mesure où on assiste à des élections libres, transparentes, inclusives et démocratiques.
Djodjo Mafuku













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