Le procureur général près la Cour de cassation met en garde contre la propagation de fausses informations visant à “décourager les forces loyalistes”. Dans un communiqué officiel daté du 16 décembre 2025, le procureur général près la Cour de cassation de la RD Congo, Me Firmin Mvonde Mambu, a tiré la sonnette d’alarme face à la recrudescence de ce qu’il qualifie de “faux bruits” liés au conflit que traverse le pays.
Ce texte, émanant de la plus haute autorité du parquet congolais, signale une volonté des autorités judiciaires de durcir la réponse face à la désinformation en temps de guerre. Le communiqué rappelle que le pays est engagé dans un conflit “imposé de l’extérieur et de l’intérieur par les ennemis de la République”. Dans ce cadre, il souligne que les réseaux sociaux et autres médias sont utilisés pour véhiculer des informations fallacieuses.
L’objectif présumé de ces rumeurs, selon le texte, serait de “décourager les forces loyalistes” qui combattent pour “la sauvegarde de la souveraineté nationale”. Le ton du document est sans équivoque. Le procureur général met explicitement en garde “les auteurs, co-auteurs et complices” de ces faits. Il ordonne à tous les officiers de police judiciaire et aux magistrats du ministère public de “les rechercher activement” pour qu’ils en répondent devant les tribunaux.
La menace judiciaire est concrète : des dossiers seront ouverts et traités “avec la plus grande célérité”, en privilégiant le “mode de flagrance”, ce qui suggère des procédures accélérées pour les cas d’infractions constatées sur le moment. Cette annonce s’inscrit dans une problématique mondiale : comment les États en conflit gèrent-ils le flux d’informations, souvent crucial pour le moral des troupes et de la population ?
Les autorités congolaises justifient cette démarche par la nécessité de protéger l’intégrité de l’effort de guerre et de contrer des campagnes de déstabilisation. Toutefois, cette position soulève inévitablement des questions auprès des observateurs des droits humains et des défenseurs de la liberté de la presse. La notion de “faux bruit” peut être sujette à interprétation et, en période de tension, risquer d’être utilisée pour étouffer toute critique ou tout rapport divergent sur la situation sécuritaire.
La frontière entre la désinformation malveillante et le simple débat ou l’information non vérifiée en temps de crise peut devenir floue. L’efficacité et l’équité de cette campagne judiciaire seront observées à la lumière des procédures qui seront engagées. Les modalités pratiques de la recherche des “complices” sur les réseaux sociaux, ainsi que le respect des garanties d’un procès équitable pour les personnes poursuivies, seront des indicateurs clés.
La décision du parquet général intervient à un moment où le pays est sous tension, et elle illustre la priorité absolue accordée par les institutions à la lutte contre les menaces perçues contre la sécurité nationale, y compris dans la sphère informationnelle. La suite montrera comment cette volonté se concrétisera dans le paysage judiciaire et médiatique congolais.
Contact indiqué :
Procureur général près la Cour de cassation
7016 Kin. 1 – email : pgr_rdcongo15@yahoo.com
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













