Le ministre de la Formation professionnelle, Marc Ekila Likombio, a récemment annoncé dans le briefing avec Patrick Muyaya Katembwe un programme de formation gratuit visant à bénéficier à 2 000 femmes et enfants de militaires. Ce projet, qui cible spécifiquement les familles de soldats déployés dans trois camps militaires, cherche à renforcer le moral des troupes engagées au front.
Toutefois, cette initiative soulève des questions essentielles sur son impact réel et ses motivations sous-jacentes. D’une part, l’intention de soutenir les familles des militaires est indéniablement positive. Ces femmes et enfants, souvent laissés à eux-mêmes durant les déploiements prolongés, peuvent se voir offrir des opportunités professionnelles qui leur permettraient d’améliorer leur autonomie financière et de bâtir un avenir plus sûr.
En parallèle, cela pourrait également atténuer le stress et l’incertitude émotionnelle que peut engendrer la séparation prolongée d’avec les membres de la famille. Cependant, on peut s’interroger sur la portée réelle de cette initiative. Les formations proposées seront-elles en adéquation avec les besoins du marché du travail local ? Ou s’agit-il d’une mesure symbolique destinée à distraire l’opinion publique de problèmes plus profonds liés au soutien des militaires et de leurs familles ?
Cette question mérite d’être posée, car l’objectif initial de renforcer le moral des soldats pourrait facilement être perçu comme un prétexte pour justifier un programme aux résultats incertains. Il est également impératif de considérer le cadre plus large dans lequel cette initiative s’inscrit. La formation professionnelle, bien qu’essentielle, ne doit pas être le seul levier mobilisé par le gouvernement pour soutenir les familles de militaires.
Un accompagnement psychologique, un accès à des soins de santé adaptés, et des mesures de soutien à la réinsertion des militaires après leur service font également partie des besoins fondamentaux non négligeables. De plus, comment garantir que ces 2 000 bénéficiaires soient choisis de manière équitable et transparente ?
Il sera crucial d’éviter toute forme de favoritisme ou de discrimination, afin d’assurer que chaque famille ait une chance égale de bénéficier de cette formation. Bien que l’annonce de Marc Ekila Likombio représente un pas dans la bonne direction pour la reconnaissance des sacrifices des familles de militaires, il est nécessaire d’approfondir la réflexion sur les besoins réels de ces citoyens au quotidien.
Pour que cette initiative soit un véritable succès, elle doit s’accompagner d’une stratégie globale, prenant en compte non seulement la formation professionnelle, mais également le bien-être psychologique et social de ces familles. Ainsi, l’engagement du gouvernement vis-à-vis de ses militaires et de leurs proches pourrait se traduire par des résultats concrets et durables.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR












