Dans l’arène politique congolaise, le remplacement de Gentiny Ngobila Mbaka par Gérard Mulumba à la tête de Kinshasa, vient de jeter un pavé dans la mare.
Le nouveau gouverneur hérite d’une capitale qui suffoque sous le poids de ses maux : saleté, insécurité, et désordre urbain, défis qui semblent presque insurmontables.
Gerard Mulumba, connu affectueusement sous le nom de « Gecoco », est une figure emblématique de la ville. Kinois jusqu’au bout des ongles, il connaît les ruelles et les artères de Kinshasa comme sa poche. Cependant, son CV ne déborde pas de réalisations qui présagent une transformation radicale de la mégapole de 18 millions d’âmes. La question qui brûle toutes les lèvres est donc : comment cet enfant du pays va-t-il s’y prendre pour réanimer sa ville natale ?
Kinshasa est à la croisée des chemins et nécessite une vision claire et une feuille de route détaillée. Les citoyens attendent du gouverneur Mulumba qu’il s’attaque en priorité à l’insalubrité crasse et à l’insécurité rampante qui étouffent leur qualité de vie au quotidien. Il doit également faire preuve de transparence sur l’état des finances de la ville, qui sont dans un état précaire, et proposer des solutions innovantes pour protéger les biens immobiliers et améliorer le cadre de vie des Kinois.
Ce que le vice-gouverneur Mulumba a pour lui, c’est sa compréhension intime de l’esprit de Kinshasa : sa liberté, sa créativité, et sa résilience. S’il parvient à canaliser cette énergie, à mobiliser les Kinois autour d’un projet commun, il pourrait non seulement redorer le blason de Kinshasa mais aussi gagner le cœur de ses concitoyens pour un mandat populaire.
L’heure n’est plus à la contemplation mais à l’action. Gecoco doit rapidement présenter un plan d’action, une stratégie qui transcende les clivages politiques et qui fédère tous les Kinois. S’il parvient à « reparler » à sa ville, à lui insuffler une nouvelle vie, il se pourrait bien qu’il réussisse là où tant d’autres ont échoué. Mais pour cela, il lui faudra être iconoclaste, innovant et surtout, infatigable.
Le choix des collaborateurs, la pacification de la ville-province, l’éradication des gangs et le contrôle des criminels étrangers sont autant de défis immédiats à relever. La gestion Ngobila a traumatisé plus d’un par la cession de certains terrains publics aux étrangers, la multiplicité des taxes de la ville, le manque de nouvelles infrastructures, le nombre anormalement élevé des maquis et l’absence de reconnaissance culturelle de la capitale.
Kinshasa a besoin d’un homme qui a une vision et plein d’imaginations pour redevenir « Kin-la-belle ». Ce n’est pas une tâche facile. Elle nécessite une détermination sans faille et une équipe solide. Espérons que Gecoco est celui qui réussira là où ses prédécesseurs ont lamentablement échoué.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













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