Goma, capitale du Nord-Kivu assiégée par les terroristes Rwandais, s’est réveillée sous un ciel d’infamie, endeuillée par l’effroyable exécution d’un jeune homme aux abords de Katindo. Alors que le soleil déclinait lentement vers l’horizon, les habitants ont été témoins de l’horreur, les ruelles se muant en dédale de terreur et de souffrance.
À Katindo, précisément aux célèbres trois paillottes, l’ambiance qui aurait dû être celle d’un crépuscule ordinaire est devenue le théâtre macabre d’une tragédie humaine, indélébile dans les cœurs. Vers 16 heures, les factions terroristes du RDF/M23, enveloppées dans la noirceur de leur folie destructrice, ont ainsi brisé des vies et bafoué l’humanité.
Un groupe de jeunes, cherchant à s’évader des préoccupations quotidiennes par un innocent jeu de dames payant, est brutalement interrompu. Ce divertissement, symbole de simplicité et de camaraderie, a à tort été érigé en crime par des êtres dépourvus de scrupules et de justice. C’est ce que d’aucuns voudraient faire passer pour la démocratie, le nouvel ordre républicain.
Le destin de l’un de ces jeunes, cependant, a pris une tournure tragique lorsque, dans une ultime tentative de sauver sa vie face à l’arbitraire, il a essayé de fuir l’inexorable machine de violence. Un coup de feu retentit, perçant l’air déjà lourd et laissant place à une scène des plus révoltantes et des plus poignantes : une balle dans la tête de l’innocent, abattue sans pitié par ces oppresseurs assoiffés de sang.
Cet acte ignoble n’est pas seulement l’assassinat d’un jeune homme, il est le massacre assassinat d’une génération tout entière, d’un espoir anéanti trop tôt. Pour les familles, les amis et toute la communauté de Goma, la douleur est insupportable, l’injustice criante ; une nouvelle cicatrice sur le corps déjà meurtri du pays s’ouvre. La colère se mêle au chagrin, telle une flamme attisée par la braise de l’inacceptable.
Ce drame, brutal et cruel, interpelle notre conscience collective. Il exige que l’on regarde sans détour la barbarie qui infecte notre société et les âmes déshumanisées qui la perpétuent. La justice doit être implacable et immanente ; elle doit punir ces barbares qui osent voler des vies sous le prétexte fallacieux de maintenir l’ordre. L’indifférence ne peut plus être une option face à une telle ignominie.
À Goma, les larmes coulent, les cœurs pleurent, et la ville est en souffrance. Mais de cette douleur, doit émerger une détermination sans faille : protéger l’innocence, défendre la vie. En ce jour sombre et écœurant, que notre révolte soit le moteur du changement, pour que plus jamais un enfant de cette terre ne voie sa vie lui être retirée par la brutalité et l’injustice.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













