Grève des magistrats : Le Sud Kivu en marge

L’heure est à l’évaluation après le lancement de la grève par le Syndicat National Autonome des Magistrats du Congo (SYNAMAC) lundi 10 février sur toute l’étendue du territoire national.

Dans les provinces de Kinshasa, du Haut-Katanga et du Kongo central, le mot d’ordre a été respecté. Par contre, ça n’a pas été le cas dans la province du Sud Kivu. A Bukavu, les magistrats ont vaqué normalement à leurs occupations au Palais de Justice de la capitale du Sud Kivu. Les hommes en toge noire ont également travaillé normalement la journée du mardi 11 février. Les magistrats congolais ont entamé lundi à Kinshasa un mouvement de “grève illimitée” en République démocratique du Congo où ils réclament un salaire décent et de meilleures conditions du travail. Des dizaines de magistrats ont pris d’assaut l’esplanade du palais de la justice durant une grande partie de la journée, faisant du bruit avec des couvercles de casserole. Aucune audience ne s’y est tenue. “Les magistrats vivent dans une précarité indescriptible, nous réclamons l’exécution du tableau barémique que nous avons déposé auprès du gouvernement, nous exigeons un salaire décent et les conditions de travail acceptables”, a déclaré  Shabani Watenda, trésorier général du SYNAMAC. En juillet dernier, le Conseil supérieur de la magistrature avait transmis au gouvernement des propositions de salaire et avantages spécifiques à payer à chaque magistrat congolais. “Si le gouvernement ne s’exécute pas, nous serons dans la rue, c’est une grève illimitée”, a-t-il indiqué. En RDC, de nombreux justiciables et des organisations de défense des droits de l’Homme accusent régulièrement la justice d‘être corrompue, lente et de rendre des jugements à la tête du client. En 2018, l’ancien président Joseph Kabila avait révoqué 250 magistrats accusés de corruption. Pour le magistrat Serge Bashonga, il y a “mauvaise foi” des autorités, qui “sont les premières personnes à décrier que la justice ne marche pas, mais sans donner aux magistrats les moyens de faire le travail correctement”. “Comment espérer lutter contre la corruption en paupérisant les magistrats. Nous vivons sans salaire décent, nous manquons même de papier, de stylos dans nos bureaux”, a encore indiqué ce substitut du procureur. La rencontre du Vice-Premier ministre de la Justice Célestin Tunda avec les représentants des magistrats n’a pas eu lieu lundi dernier.

 

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