Guillaume Ngefa ne vient pas à Kisangani pour une simple visite protocolaire. Il y pose, mardi 7 avril, l’acte fondateur d’une justice qui ose regarder les blessures du passé en face. En prenant la tête d’une mission éclair de 72 heures, le ministre d’État en charge de la Justice fait taire les atermoiements administratifs et envoie un signal clair : l’heure n’est plus à l’attente, mais à la réparation.
Dans une région meurtrie par les exactions ougandaises, sa présence est un électrochoc de dignité pour les victimes trop longtemps reléguées au rang de dossiers. Là où d’autres voyaient une mécanique bureaucratique en panne, Guillaume Ngefa insuffle une dynamique de guerre. Le plan de redressement du Fonds pour la réparation et l’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda – jusqu’ici lettre morte – devient sous son impulsion un levier opérationnel.
En mission stratégique, il dénoue les blocages, aligne les financements et impose une feuille de route avec des délais. Ce n’est pas de la rhétorique : c’est du pilotage concret, au service de milliers de familles qui attendent un geste de l’État. L’un de ses atouts, c’est la force des consultations directes. Le ministre ne gouverne pas depuis une tour d’ivoire. À Kisangani, il s’assied face aux victimes, écoute leurs plaies, prend la mesure de leur patience bafouée.
Ces consultations directes ne sont pas une formalité : elles sont le nerf de la confiance restaurée. En accélérant les paiements et en exigeant la transparence, Guillaume Ngefa redonne un visage humain à la justice réparatrice. Son message est sans appel : plus rien ne justifie le silence de l’oubli. La Tshopo renaîtra quand ses blessés seront enfin indemnisés.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













