Il est des hommes d’État dont l’empreinte ne se mesure pas en décibels mais en fondations. Guy Loando Mboyo appartient à cette race rare de bâtisseurs pour qui le droit est le premier matériau du progrès. En posant la toute première pierre législative de l’aménagement du territoire congolais depuis l’indépendance, il a réalisé bien plus qu’une réforme administrative : il a offert au pays un squelette rationnel là où régnait la chair meurtrie de l’anarchie spatiale.
La fameuse “loi Loando”, arrachée avec la précision chirurgicale de l’avocat qu’il n’a jamais cessé d’être, a mis fin à six décennies d’un développement urbain désarticulé. En dotant la RDC d’une Politique Nationale d’Aménagement du Territoire et d’un Géoportail moderne, ce visionnaire ne s’est pas contenté de cartographier des terres ; il a tracé les contours d’une ambition nationale retrouvée, celle d’un Congo où chaque parcelle de sol devient le terreau fertile d’une prospérité ordonnée.
Mais l’intelligence de Guy Loando Mboyo réside dans cette capacité à passer du plan à l’humain, du cadastre au dialogue. Conscient qu’un territoire ne se structure vraiment que dans la paix, il a su se faire le héraut d’une parole sobre et fédératrice, particulièrement dans les heures sombres traversées par l’Est du pays. Cette voix mesurée, étrangère aux outrances et ancrée dans une quête perpétuelle de cohésion nationale, l’a naturellement désigné pour une mission aussi délicate qu’essentielle : celle de Ministre d’État chargé des Relations avec le Parlement.
Dans cette arène où se joue l’équilibre des pouvoirs, il excelle en chef d’orchestre du consensus. En fluidifiant le contrôle parlementaire et en veillant avec une rigueur quasi-monastique au suivi des recommandations des élus de la Nation, il transforme l’exercice démocratique en une symphonie constructive. Il n’est plus seulement l’architecte du sol, mais bien le garant d’une gouvernance apaisée où l’exécutif et le législatif avancent d’un même pas vers l’efficacité républicaine.
Enfin, et c’est là peut-être son œuvre la plus silencieuse mais la plus puissante, Guy Loando Mboyo incarne l’idéal du leader philanthrope, celui qui élève son prochain à hauteur de ses propres ambitions. Par le truchement de la Fondation Widal, admirablement portée par son épouse, il insuffle une âme à son action politique. De la Widal School, creuset d’excellence académique, à l’Université Widal de Bokungu qui redonne espoir aux terroirs reculés, en passant par l’émancipation économique concrète des veuves de Kinshasa, il démontre que le pouvoir n’a de sens que s’il est partagé.
Récemment honoré pour sa masculinité positive, il prouve que la force réside dans la protection et l’élévation. En cela, Guy Loando Mboyo s’affirme comme la figure de proue d’une nouvelle ère politique congolaise : celle où la plume du législateur et la générosité du cœur travaillent de concert pour écrire, non plus des discours, mais les pages tangibles d’un destin commun retrouvé.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR












