Depuis sa nomination en 2021 comme Ministre d’État en charge de l’Aménagement du territoire, Guy Loando Mboyo a brillamment maîtrisé l’art de la communication politique—un exercice de style où les annonces tonitruantes remplacent les réalisations concrètes. Avec un bilan en trompe-l’oeil, une inaction masquée par les oeuvres philanthropiques ; la question que l’on se pose est : où est le mausolée de Bakanja ?
Son ministère, présenté comme un « levier stratégique » pour réduire les inégalités spatiales et optimiser l’espace national, se résume en réalité à une succession de rapports, de schémas théoriques et de réunions stratégiques sans impact tangible sur le quotidien des Congolais. Prenons les faits et vous ne verrez qu’un catalogue de projets fantômes à la hauteur de son ministère de la parole pour zéro réalisation.
Guy Loando aime évoquer des réalisations phares : le Schéma National d’Aménagement du Territoire (SNAT) – un document de plus dans les tiroirs, sans traduction opérationnelle. Le Géoportail “Data Terra Congolais” – une plateforme dont l’utilité reste invisible pour les citoyens, les agriculteurs ou les investisseurs. Le projet pilote de ville durable à Boma – annoncé depuis 2024, toujours en phase de “déploiement” sans preuve de construction.
La Kinshasa Mercantile Exchange (KME) – une bourse des matières premières vantée comme révolutionnaire, mais dont les retombées économiques sont inexistantes. Où sont les infrastructures aménagées ? Où sont les emplois créés par ce chapelet de bonnes intentions ? Où est la « transformation territoriale » promise ? Le dossier le plus révélateur de l’imposture Guy Loando reste celui du mausolée fictif de Bakanja Isidore à Bokote.
En 2022, des fonds publics ont été décaissés pour sa construction. Trois ans plus tard, aucun mausolée n’est visible nulle part. L’argent a-t-il été détourné ? Si oui, par qui ? L’argent a-t-il disparu ? Si oui, comment ? Pourquoi le responsable du collectif dénonçant ce dossier dans l’espace Grand Équateur a-t-il été arrêté ? Pourquoi Guy Loando Mboyo, plutôt que de répondre, envoie-t-il ses « meutes numérisées » intimider quiconque évoque ce fait pourtant simple ?
Ce silence coupable et cette répression des voix critiques prouvent une chose : il y a quelque chose à cacher. Le peuple congolais exige des comptes, pas des communiqués lénifiants ni des supporters politiques zélés et terroristes du clavier. Et pour information à ces zélateurs, nous avons le cuir tanné face à un ministre plus occupé à parler qu’à agir. Où est le mausolée qui devait être inauguré lors de la visite du pape en 2023 ? C’est à cette question simple que le ministre doit répondre.
Guy Loando excelle dans les conférences universitaires, les interviews médiatiques et les déclarations grandiloquentes sur « l’autorité de l’État » et la « diversification économique ». Pourtant, sur le terrain : aucune politique foncière claire pour résoudre les conflits agraires, aucune infrastructure majeure sortie de terre sous sa supervision et aucune avancée contre l’urbanisation anarchique en RDC. Le désordre que l’on observe en RDC sur le plan de l’aménagement du territoire est son œuvre.
La tragédie de Kalehe avait illustré à suffisance son inaptitude, où son ministère n’a rien anticipé malgré les alertes. Guy Loando cultive une image d’homme généreux (Fondation Widal, Université de Bokungu). Il pourrait très bien continuer à gérer des organisations non gouvernementales. Il est probablement meilleur de ce côté-là. Mais quand un ministre utilise ses œuvres caritatives pour masquer son échec administratif, cela s’appelle de la manipulation. Point besoin de diversion pour être efficace.
La vraie philanthropie, c’est de bien gérer l’argent public—pas de le gaspiller en projets inachevés. Guy Loando Mboyo incarne le pire de la politique congolaise : du vent institutionnalisé. Son bilan se résume à des PowerPoint bien ficelés, des ateliers sans suite et un mausolée invisible malgré des millions dépensés. Le peuple congolais mérite mieux qu’un ministre-fantôme qui carbure aux effets d’annonce. Il est peut-être un enfant gâté de la République mais cela ne résout pas le problème du peuple Congolais.
Il est temps d’exiger un audit indépendant sur le mausolée de Bakanja Isidore, la fin de l’impunité pour ceux qui détournent les fonds publics et, si les faits sont avérés, la démission de ce ministre dont l’incompétence n’a d’égale que son arrogance. Les Congolais veulent des actes, pas des slogans. Un ministre dont la présence au gouvernement est inutile et un quelconque voleur ont un point commun : tous deux coûtent cher au peuple, mais seul le second a le mérite d’être efficace.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













