Au cœur de la RD Congo, la province du Haut-Uélé est à un tournant crucial. Les 100 premiers jours de mandat du Gouverneur Jean-Bakomito Gambu et sa coalition méritent une attention particulière. Après tout, ces élus ne sont pas là pour s’enrichir ou servir des intérêts personnels, mais pour répondre aux attentes de la population qui les a placés à ces postes de responsabilité.
Des promesses mirobolantes ont été faites à notre peuple. Où en est-on pour les actes ? Il est temps de demander des comptes à ces représentants. Chaque député provincial a fait des promesses lors de sa campagne électorale. Pourtant, à l’heure du bilan, que peut-on avancer concrètement ? Combien de kilomètres de routes construites ont été réalisés dans chaque circonscription ?
Nous voulons savoir ? Combien de kilomètres sont nouvellement construits à Rungu, à Niangara, à Wamba, à Faradje, à Watsa, à Dungu et à Isiro par le nouvel exécutif provincial ? Quels nouveaux chantiers ont vu le jour depuis la victoire de la coalition ? Combien d’écoles ont été déjà réfectionnées à défaut d’être construites ?
Ces questions ne sont pas qu’un simple exercice de style ; elles sont le reflet d’une réalité que les élus doivent assumer. Le Haut-Uélé ne peut se permettre d’être le terrain de jeu de parrainages politiques où les appétits gloutons prennent le pas sur le bien-être de la population. L’incompétence règne dans la conduite actuelle des affaires et, avec le temps, elle produit très naturellement l’indifférence.
Comment accepter que certains députés, au lieu de travailler pour le développement de leur province, exigent quatre ministères pour deux voix sur les onze comptabilisées, au détriment de l’ensemble des citoyens ? Les mines, notamment Kibali Gold Mine, ne doivent pas être un prétexte pour siphonner les ressources de la province au profit de quelques-uns.
Les députés, en particulier ceux ayant voté pour la coalition au pouvoir, doivent faire preuve de transparence et assumer leurs votes. Il est inacceptable qu’ils se cachent derrière des discours vagues et des promesses non tenues. Chaque élu doit se lever et s’adresser à ses électeurs, leur dévoilant les résultats tangibles pour eux du soutien apporté au Gouverneur.
Vous avez un rôle à jouer, mesdames et messieurs les députés ! Ne vous contentez pas de discours politiques, engagez-vous à partager le bilan de vos actions. Le Haut-Uélé est composé de six territoires et de la ville d’Isiro. Chacun mérite une attention particulière. Que se passe-t-il dans ces territoires ? Quelles actions ont été entreprises pour améliorer la vie des citoyens ?
Ce bilan doit être dressé non seulement au niveau provincial, mais également à l’échelle de chaque territoire. Les responsables publics doivent se tenir à la disposition de la population et parler des actions menées pour le bien commun, et non de leurs propres intérêts. Il est temps de redéfinir le modèle de gouvernance au Haut-Uélé.
Les élus doivent être au service de leurs concitoyens, pas de leurs propres ambitions. Le peuple attend des résultats, pas des excuses. La corruption et le népotisme ne doivent plus être les maîtres mots de cette province. Les financiers occultes qui manipulent les consciences de certains députés doivent être dénoncés et tenus responsables.
Le Haut-Uélé mérite mieux que des promesses non tenues et des élus qui profitent de leur position. Les 100 jours passés doivent servir de leçon et d’appel à l’action pour un changement radical. Les responsables politiques doivent se rappeler que leur mission première est de servir la population, de bâtir des infrastructures, d’améliorer l’éducation et de garantir un avenir meilleur pour tous.
Il est grand temps que chaque député, chaque responsable public, fasse preuve de responsabilité, de transparence et d’engagement. Le peuple du Haut-Uélé mérite des actions concrètes et visibles qui transforment véritablement leur quotidien. Le moment est venu d’agir, et il ne faudra pas attendre les prochaines élections pour le faire.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













